Affichage des articles dont le libellé est Illustrations. Afficher tous les articles

Les contreparties de la campagne Ulule !

Aujourd’hui, nous vous présentons l’ensemble des contreparties de la campagne Ulule qui débute le 7 janvier 2025 à 18 heures !

Mais avant, voici la couverture Dragon Rouge du 8e opus de la gamme, Puissances d’outreplan :



Comme les autres livres de la gamme, vous aurez le choix entre trois couvertures pour ce supplément : standard (couverture bleue), Dragons Rouge (couverture rouge) et Grand Ver (simili cuir gris) :

 

Cette souscription présentera aussi le 7e livre de la gamme : les Secrets de la magie. Si vous voulez plus d’informations sur tout ça, la page Ulule vous éclairera. Vous pouvez aussi consulter cet article parlant de l’avenir de la gamme et de ces deux fameux livres apportant une conclusion à la second tétralogie !


 

Mais trêve de bavardages, voici une présentation des différentes contreparties.

Avant de rentrer dans le détail, un petit mot sur les cadeaux early birds (oui LES, car si vous faîtes partie de la communauté et êtes un ancien souscripteur, vous en aurez deux !) : il faudra participer dans les premiers jours pour les obtenir. Nous entendons les complaintes de quelques-uns dans le fond qui se sont ruinés pendant les fêtes et qui devront attendre pour pledger… rassurez-vous, la campagne va durer jusqu’à début février, le temps de vous refaire. Il s’agit donc pour vous de participer dans les premiers jours avec une contrepartie minimale, ce qui va valider votre jour et heure de participation, puis de faire évoluer votre contrepartie un peu plus tard, sur ce si joli – mais assez onéreux – pack intégral ^^

Notez aussi que ces contreparties peuvent encore évoluer (contenu, prix) mais ça vous donne une bonne idée !

🦊 ACCÈS AU PLEDGE MANAGER 10 €
Choisissez votre contrepartie ou vos options ultérieurement !

💾 DRAGONS : Secrets & Puissances PDF 40 €
Cette contrepartie vous permet d'acquérir les deux nouveaux livres, Secrets de la magie et Puissances d'outreplan, en édition numérique.

📘 DRAGONS : livre au choix 50 €
Cette contrepartie vous permet d'acquérir Secrets de la magie OU Puissances d'outreplan en édition standard (couverture bleue).

📘📘 DRAGONS : Secrets & Puissances STANDARD 90 €
Cette contrepartie vous permet d'acquérir les deux nouveaux livres, Secrets de la magie et Puissances d'outreplan, en édition standard

📕📕 DRAGONS : Secrets & Puissances COLLECTOR 120€
Cette contrepartie vous permet d'acquérir les deux nouveaux livres, Secrets de la magie et Puissances d'outreplan, en édition collector (Dragon Rouge ou Grand Ver), accompagnés d'un recueil de scénario.

🐉 DRAGONS : Secrets & Puissances INTÉGRALE 180€

Toutes les nouveautés de ce financement ! Complétez votre collection et soutenez le projet :) Avec cette contrepartie, vous obtenez : Secrets de la magie édition au choix, Puissances d'outreplan édition au choix, Deck 150 cartes de sorts inédits, Recueil de 5 scénarios : Par delà la transcendance, Recueil de 5 scénarios : Mystères de l'Inframonde et le Coffret collector de la deuxième tétralogie.

💎 DRAGONS : La deuxième Tétralogie ! 250€
Cette contrepartie contient l'intégrale de la deuxième Tétralogie Dragons dans l'édition de votre choix + des bonus exclusifs. Plus de 2000 pages de contenus avec de nombreux accessoires ! ⏰ Offre limitée en quantité pour fêter cette souscription Ulule !

👑 DRAGONS : Les deux Tétralogies ! 400€

Une contrepartie légendaire ! Elle contient les deux tétralogies Dragons dans l'édition de votre choix. Plus de 4000 pages de contenus avec de nombreux accessoires ! ⏰ Offre limitée en quantité pour fêter cette souscription Ulule

Voilà pour l'instant ! Nous essayons de monter une contrepartie intégrale, cette fois sur l'ensemble de la gamme parue depuis le début en 2017... mais il y a beaucoup de choses et c'est assez complexe au niveau logistique notamment.

Nous vous donnons rendez-vous demain pour le lancement :)

=============

Pour en savoir plus...

 


Draconis : interview de Chane !

Le jeu de rôle Draconis arrive et, à cette occasion, nous avons concocté plusieurs articles sur l'univers de Draconis, le style pacifique et lumineux de ce jeu de rôle, ou encore la campagne incluse avec le premier livre baptisé L'Appel de l'aventure !
 
Pour aller plus loin, il était indispensable d'interroger la créatrice de Draconis elle-même : son parcours, ses inspirations, et son rôle dans la conception du jeu ! Chane s'est donc prêtée au jeu de l'interview. Voici ses réponses ;)



Bonjour Chane, est-ce que tu peux présenter rapidement ton parcours d’artiste, pour tous ceux qui ne connaissent pas ton travail ?

Chane : Bien entendu !
 
Enfant, je rêvais d'avoir des pouvoirs magiques et de rendre le monde "plus beau". De faire pousser arbres et fleurs d'un seul geste, d'améliorer la ville que je voyais quotidiennement. C'était très naïf mais c'est en partie, je pense, ce qui m'a poussé à me tourner vers le dessin par la suite. À défaut de pouvoirs magiques (j'ai toujours espoir, tout de même), je me suis tournée vers le fantastique et l'onirisme ! Mes premiers projets étaient à cette image : Je m'inspirais de sites réels mais en y intégrant un soupçon de magie.

En 2014 j’ai ainsi sorti “Angkor”, inspiré d’Angkor Vat au Cambodge, avec sa végétation luxuriante et ses ruines disséminées dans la jungle. Puis il y a eu “Eluveitie” en 2016, qui abordait les légendes sombres de la Suisse médiévale. À partir de 2017, j’ai sorti “Draconis” puis “Draconis : Etincelles” qui ont eu un énorme succès avec plus de 200 000€ récoltés.
 

Comment est né le projet Draconis et pourquoi est-il aussi important pour toi ?

Chane : Draconis est aussi né de ça quand on y réfléchit. Je me suis inspirée d'animaux réels pour créer des êtres magiques et oniriques : les dragons. Toutes les formes vivantes ont ainsi "level up" (à part les  humains) !

J'avais commencé à travailler sur ce bestiaire en 2016, mais 2017 fut une année éprouvante (rupture, déménagement, pas de permis...) et j'ai lancé ce projet sur Ulule comme on lance une bouée de sauvetage. Je n'étais pas certaine de pouvoir continuer à faire du dessin comme métier. Le succès à été incroyable, et ça a été un vrai tremplin ! Suite à ça, j'ai pu payer mes loyers, passer mon permis... bref, beaucoup de mes soucis ont été réglés !

Je suis autant attachée à l'univers de Draconis qu'à toutes les personnes qui m'ont soutenu quand ça n'allait pas. C'est pour cela que je tiens particulièrement aujourd'hui à remettre Draconis dans les mains de ma communauté ♥ 
 
 
Peux-tu présenter Yoan et son rôle sur le projet Draconis ?

Chane : Quand j'ai initié le deuxième tome, j'ai demandé à Yoan s'il voulait y participer. C'était le cas, et je l'ai accompagné dans la création de textes, puisque c'était sa première expérience dans ce genre pour lui ! Il a apprécié l'expérience et a pris part de plus en plus à l'univers. Et comme j'oublie tout, on peut dire aujourd'hui qu'il connaît même mieux les livres que moi :D

Peux-tu expliquer ton processus de création d'un dragon ?

Chane : C'est une question difficile. J'ai besoin d'une ambiance, d'une atmosphère qui m'inspire. Un peu comme on sculpte l'argile, je vais modeler ma créature et la révéler. Je fais rarement des traits précis dès le départ, car je n'hésite pas à changer des éléments "au feeling". Une fois qu'il y a un élément qui me plait, je me raccroche à ça, et j'essaye de construire quelque chose autour, détaillant toujours plus, cherchant à saisir un petit quelque chose de vivant.
 
 
Le monde de Draconis : Dréankë

En plus d'être l'illustratrice principale de Draconis et autrice de l'univers, tu as un rôle de directrice artistique sur le projet. Peux-tu nous expliquer en quoi consiste ce rôle de DA sur le jeu de rôle ?

Chane : C'est ma première expérience de Directrice Artistique. Il s'agissait ici pour moi de jeter un œil sur les créations de l'équipe d'illustrateurs, de les guider, voire de les aider. Il suffisait parfois de corriger une perspective, de modifier l’allure d’un dragon afin qu’il soit raccord avec mes illustrations. Je suis restée assez présente, en hésitant pas à mettre les mains dans la peinture moi aussi afin d’aider mes collègues du mieux possible quand certains soucis étaient plus complexes à expliquer à l’écrit.

C'est très intéressant de voir d'autres processus créatifs, d'être confronté à d'autres visions de l'Univers. Il était important de garder une cohésion d'ensemble, mais toutes ces petites différences, ces particularités apportées par chaque illustrateur fait aussi la richesse du livre ♥

Une illustration de Nico, illustrateur du studio et qui a produit de nombreuses pièces pour Draconis


Peux-tu nous expliquer pourquoi le projet d’un jeu de rôle t’a plu, et ce que tu espères que le public y trouvera ?

Chane : Je connais le Studio Agate depuis 6 ans (j’y ai travaillé en tant qu’illustratrice) et quand le studio est venu il y a trois ans me proposer un jeu de rôle basé sur mes livres Draconis, j’ai trouvé l’idée excellente. J’adore leur vision des choses et la qualité de leurs livres, alors un projet ensemble ? Draconis s’y prêtait bien, avec sa multitude de dragons colorés et son univers encore peu exploité. L’équipe du Studio Agate proposait de faire un énorme travail pour mettre en place un univers dense et généreux. 

Et puis, c'est un univers que j'aime tant, pourquoi ne pas le transmettre ? Les lecteurs peuvent s’approprier l’univers et vivre leurs propres aventures à travers celui-ci. Quand on lit un livre, il y a une certaine distance mais le jeu de rôle permet de rompre cette ligne. Rencontrer mes créatures, réfléchir aux possibilités derrière leurs capacités magiques, être ému face à de belles histoires…C'est un héritage que je lègue à toutes les personnes bienveillantes, à celles qui m'ont soutenu comme à celles qui ne me connaissent pas encore. Je trouve ça hyper chouette, très symbolique quelque part, et ça me touche beaucoup.

J'espère que les personnes qui liront ce livre seront touchées par une petite étincelle de magie. Qu'importe la destination, c'est le voyage qui est important.


Merci Chane pour avoir répondu à toutes ces questions en pleine période de bouclage du Ulule ! Rendez-vous le 9 mai ! Inscrivez-vous pour être sûr de ne pas manquer le démarrage :)

Et si vous avez des questions, vous pouvez nous rendre visite sur notre Discord pour poser vos questions.

À très bientôt !

==========================

Pour en savoir plus...

Les ulkani des Manbalarer

Au cours des semaines écoulées vous avez pu découvrir les habitants non-humains du Kaan. Tandis que les gobelours sont essentiellement installés dans le nord, les hobgobelins se rencontrent dans toutes les places marchandes. Les gobelins sont implantés dans le golfe de Tili, mais ont aussi de fortes minorités urbaines. La majorité des merosi et beaucoup d'orc demeurent dans la steppe. Une partie des orcs, de même que les kobolds et les ulkani demeurent souvent dans les montagnes. 

On rencontre aussi d'autres peuples dans le Kaan, les aldarons dans les forêts du nord, vivant aux côtés des gobelours, ou bien les drakéides sur les rivages de la mer de Nulim. Il y a également des ressortissants dans l'Inframonde, comme dans la cité de Lihyân. 

Le peuple ulkan


Les enfants d’Eseptöçü la quartze


D’après la légende, Aavni le père – un aspect de Façonneur – créa les ulkani grâce à Eseptöçü la quartze, fille d’étoile. Lumineuse, belle, ordonnée, forte et sage, elle considérait Eana comme une partie d’un monde plus vaste et encouragea ses enfants à lever les yeux vers la voûte céleste. Il fallait savoir observer, s’émerveiller de tout ce que l’on ignore, être patient et à l’écoute. 

L’héritage d’Eseptöçü se traduit chez les ulkani par la création de nombreux observatoires et lieux de méditation en hauteur, dans les montagnes. La contemplation de la nature et la création d’œuvres d’art sont des activités grandement valorisées. Cela surprend parfois les étrangers, tant les puissants colosses cornus que sont les ulkani pourraient susciter la peur. 
Un peuple méconnu 

Mesurant entre 2 et 3 m, et parfois jusqu’à 3,50 m pour les plus grands, les puissants ulkani vivent dans des chefferies du sud du Kaan. Hors du Kaan, peu de gens connaissent le peuple ulkan, et le plus souvent au travers de rumeurs uniquement. Les ignorants les prennent même parfois pour des minotaures ou des fiélons ! La méprise est de taille, car à la grande différence de ces créatures, ils forment un peuple paisible d’éleveurs et de chasseurs. Ils vivent dans des régions montagneuses, supportant les rigueurs de l’hiver et la fournaise de l’été avec équanimité. 

Beaucoup parmi eux sont des musiciens, conteurs et danseurs accomplis. Ils commémorent l’ère des Géants façonneurs, la destruction purificatrice du monde ancien et le foisonnement du monde actuel. Dans leur mythologie, le monde connaît des cycles de création et de destruction. Cette philosophie rend certains d’eux fatalistes, vivant dans le présent et s’attendant à une fin qui arrivera quand elle arrivera. D’autres se sentent investis d’une mission de protection et de purification, arguant que le monde n’aura pas besoin d’être purgé du Mal qui le gangrène si on détruit ce dernier au préalable. Les sanctuaires mégalithiques édifiés dans les hautes montagnes sont le lieu de recueillement d’ulkani méditatifs qui reçoivent des visions divines. Ils rédigent les prophéties, les étudient et parfois les transmettent à des destinataires loin du Kaan. 

Le devoir, la mémoire et la tradition sont très respectés au sein de ce peuple, mais il existe toujours des individus plus curieux, impulsifs ou irresponsables que les autres. De leur propre initiative ou bien incités par un concours de circonstances, ils partent découvrir le monde et forger leur propre jugement. 

Particularités physiques ulkani


Le corps des ulkani reflète fidèlement plusieurs de leurs caractéristiques, donnant à ce peuple une réputation de sincérité justifiée. Les ulkani à la taille ou aux cornes prodigieuses sont admirés, respectés ou craints. 

◾ Cornes. La taille des cornes évolue avec l'âge de l’ulkan.

◾ Corpulence. La taille d’un ulkan croît avec sa Force et sa Constitution. Pour un adulte, elle varie entre 2,30 m (valeurs faibles à moyennes) ; 3 m (valeurs moyennes à assez élevées) ; et jusqu’à 3,50 m pour les plus exceptionnels (valeurs très élevées).

◾ Taches sur l’épiderme. Quand un ulkan est serein et bien disposé, sa peau a des reflets brillants qui évoquent le micaschiste. En revanche, quand il est en colère, sa peau se couvre de taches sombres, de plus en plus nombreuses selon l’intensité de l’émotion. Il est très difficile pour les ulkani, même les plus maîtres d’eux-mêmes, de contenir de tels signes.



Un ulkani des Manbalarer, dans l'extrême sud du Kaan, par Gawain



---

Pour aller plus loin...

◾ Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir une notification à la sortie d'un nouveau livre ou au lancement d'un prochain financement participatif : http://eepurl.com/bWdFyv
◾ Pour participer au forum ou au discord : https://forum.studio-agate.com/
◾ Pour nous parler sur discord 
◾ Pour connaître l'actualité du studio Agate en ce début 2020

Les orcs des Iruuls et de la steppe

Dans la suite des articles précédents sur les nouvelles espèces jouables dans le Kaan, voici une présentation des orcs de la steppe et ceux des montagnes. 

Les cultures orcs du Kaan


Les enfants de Çan la poussiéreuse

Çan est la mère des orcs à la peau de poussière et aux nuances de tempête. Elle voyage constamment avec le vent, elle s’attache un moment avant de se libérer et reprendre son chemin. Elle règne sur les contrées âpres du Kaan, depuis les étendues semi-arides aux rivières éphémères, jusqu’aux déserts de sel de Tuzdisöl. 

La liberté comme vertu cardinale



Le nomadisme et l’appel de l’horizon est le mode de vie évident des enfants de Çan. Ils sont libres par nature. Le vent qui porte la poussière au loin, parfois même au-delà des mers, constitue une image forte pour les orcs déjà bien avant que Tamerakh n’accède à la divinité. Peut-être même devint-il la Tempête en hommage à Çan, mère du peuple de son père. 


Épris de liberté et de grands espaces, les orcs s’impliquent parfois dans des épopées aussi spectaculaires que redoutables, mais ces épisodes sont occasionnels sur l’ensemble de leur histoire, contrairement à ce qu'imaginent les habitants du Cyfandir. Il n'en demeure pas moins que l'art du combat occupe une place importante dans la culture orc. Pour cette raison, les orcs figurent en bonne place dans les armées de tous les ezens, quand ils n’endossent pas eux-mêmes cette destinée. 


Si la liberté radicale peut prendre la forme d’un esprit de conquête égoïste et insensible, elle nourrit aussi d’autres réflexions plus profondes. L’esclavage fait ainsi horreur à la majorité des orcs. Combattre, prendre ou arracher sous le coup de la passion n’est pas comparable à leurs yeux au projet de contrôler, dominer et attacher froidement un individu. Réduire en esclavage, c’est priver une personne de l’essence de sa dignité, à savoir sa liberté. Cette idée va au-delà du traitement des humanoïdes pour concerner aussi celui des bêtes et de tout ce qui vit. De nombreux penseurs, poètes et musiciens orcs explorent ces thématiques et jouissent d'une position sociale respectée de tous.


Il n’est pas rare que des voyageurs de la Cité Franche s’étonnent beaucoup en apprenant que le respect des orcs pour la liberté s’étend à leurs ennemis, aux bêtes de leurs élevages et aux proies qu’ils chassent. Comment concilient-ils une culture farouche et guerrière avec une telle valeur ? À leur sens, la vie est intrinsèquement violente : les herbivores dévorent les plantes, les carnivores dévorent les herbivores, et ainsi de suite. Il n’est pas possible d’évacuer la violence de la vie, mais la vie peut être digne quand la furie ne se déchaîne pas. Elle doit être semblable à un incendie qui détruit superficiellement les herbes et les feuillages, tout en permettant à de nouvelles pousses d’émerger, régénérant le monde. 

Les orcs face à l’héritage de Tamerakh


Si certains orcs honorent Tamerakh le merosi avec ferveur, d’autres sont beaucoup plus réservés. 

Autrefois en effet, le territoire des orcs était bien plus vaste qu’aujourd’hui. Toute la région de Mangulik était à eux, alors que désormais ce territoire n’appartient plus qu’aux spectres. Beaucoup de tribus furent exterminées lors de la destruction de la capitale maudite. Désormais, le contact entre les orcs des Baruunkheeriin, les steppes de l’ouest, et ceux des Iruuls, les montagnes de l’est, est au mieux ténu. 

Outre les conséquences globalement négatives pour le peuple orc, certains étaient déjà préoccupés par les méthodes de Tamerakh du temps même de ses conquêtes. Les tactiques sanguinaires employées étaient certes efficaces, mais elles impliquaient une férocité démesurée, durable, dépassant de loin l’éthique d’équilibre entre liberté et violence. Détruire entièrement une ville et exterminer les habitants, y compris les non-combattants est un non-sens. Réduire les prisonniers à l’esclavage pour bâtir une capitale ou effectuer des travaux publics est certes pratique, mais se faciliter l’existence peut-il se faire au mépris de ses valeurs ?

Les orcs rétifs à la domination de Tamerakh se réfugièrent dans les Iruuls où il leur était possible de se défendre avec des techniques d’embuscade efficaces, en dépit du rapport numérique qui leur était défavorable. Les descendants de ces tribus rebelles habitent toujours ces montagnes. 

Sous-espèces


Orcs des Baruunkheeriin



Les orcs des Baruunkheeriin, ou orcs des steppes, sont les descendants des conquérants de Tamerakh. Certains sont très fiers du merosi qui devint dieu, d’autres sont plus critiques. Leur éthique de la liberté s’accompagne d’une culture qui met en avant les mérites de la force et la recherche de gloire. Les tribus et les individus ont sur ces idéaux des avis qui peuvent être très tranchés et profondément divergents.

Orcs des Iruuls


Bien que se présentant toujours comme les enfants de Çan la poussiéreuse coureuse d’horizon, les orcs des Iruuls, surnommés iruuliens ou orcs des montagnes, ont développé une vision du monde davantage fondée sur l’intériorisation de la liberté plutôt que sur son expression brutale. Être libre, ce n’est pas suivre toutes ses impulsions sans penser aux conséquences. C’est en vérité agir selon une manière qui donne un sens à son existence. La liberté véritable n’existe que dans la lucidité et, pour cela, il faut davantage maîtriser ses passions. L’honneur n’est pas dans l’éruption violente ou la domination glorieuse, mais dans l’intégrité. Les orcs des montagnes sont fiers d’avoir refusé de suivre les crimes de masse de Tamerakh le conquérant. On retrouve parmi eux des poètes, des philosophes et des mystiques. La pratique de la méditation est courante parmi les iruuliens, ce qui déconcerte souvent les voyageurs d'autres civilisations les rencontrant pour la première fois, la plupart gardant le préjugé qu’un orc est forcément un guerrier brutal. 

Les iruuliens vénèrent les anciennes puissances : Agas l’arbre (Eana), Aavni le père (Façonneur), Çan la poussiéreuse et première mère, Naidvar l’espérance combative (Flore) et Tevcheer la patience endurante (Givreuse). 


Un orc des Iruuls par Gawain


Le peuple marchand des hobgobelins

Six espèces jouables seront décrites dans le premier Bestiaire. Après une présentation des peuples gobelours, gobelins et des kobolds, voici cette semaine un aperçu de la culture hobgobeline.

Les enfants d’Ilay l’ocreuse rouge


D’après la légende, la mère des hobgobelins est Ilay, la terre d’ocre rouge. Il s’agit d’une substance qui a toujours eu une forte valeur symbolique. Elle est utilisée depuis la nuit des temps pour réaliser des peintures rupestres qui ornent les abris de la chaîne de Telhika et bien d’autres. D’une couleur qui évoque le sang, elle renvoie à l’essence même de la vie et de la chaleur. Elle donne vie aux représentations et aux créations, elle enchante le monde.

En son honneur, les hobgobelins déposent de l’ocre rouge sur les défunts. Selon les tribus, ce geste a aussi d’autres significations. Il s’agit parfois de retrouver plus facilement le chemin vers la mère Ilay, ou bien de pouvoir renaître selon certaines modalités, ou encore être protégé contre tout risque de devenir un mort-vivant.

Un peuple organisé et ambitieux


Par leur goût des concepts abstraits et de l’organisation, les hobgobelins sont assez comparables aux habitants de grandes civilisations, telles celles du Cyfandir. Ils sont fiers des accomplissements de leur peuple sur le Kaan, qu’il s’agisse de ceux de princes marchands ou de remarquables architectes. C’est toujours avec dépit qu’ils découvrent que leurs héros sont inconnus à l’étranger.

Ces temps-ci, les hobgobelins sont très impliqués dans le développement de l’empire de Kartaçöl et dans les cités d’argile, au sein de sociétés cosmopolites. Il n’y a actuellement qu’une contrée dominée exclusivement par les hobgobelins et elle fait honte à beaucoup d’entre eux : l’abominable cité-État de Shüd’delkhii adoratrice d’un hospodar diabolique. Pour mettre un terme à cette œuvre maléfique et restaurer leur honneur, des hobgobelins épris de justice s’allient à d’autres peuples.

Au-delà du clan, la nation


Marchands, mercenaires et pirates, voyageant à la surface comme dans l’Inframonde, les hobgobelins ont développé à la fois une culture de diaspora et l’aspiration à une nation allant au-delà des limitations tribales. Ils ramènent des livres de leurs missions au loin, constituant de grandes bibliothèques privées. Le savoir qu’ils accumulent sur le monde s’accroît en outre d’une culture du présent, par l’intermédiaire d’un réseau de correspondance. Certains hobgobelins sont véritablement passionnés de ces échanges, consacrant chaque matin une à deux heures à écrire des lettres qui partiront dans la ville d’à côté ou dans un pays lointain.

Sous l’influence des débats philosophiques et politiques, les hobgobelins commencent à développer un projet de nation. Il s’agirait d’une organisation libérée du carcan des clans et des espèces, un groupement moderne, uni par la volonté de bâtir un avenir commun.

Aujourd’hui, le pays qui semble le plus réceptif à ces concepts est l’empire de Kartaçöl. Des érudits et philosophes hobgobelins s’y rassemblent. Ils sont conscients de l’autoritarisme du régime mais voient aussi les aspects positifs d’une union des peuples qui s’y dessine.

Pour en savoir plus sur le Kaan



Un marchand hobgobelin sur les rivages du golfe de Tili par Gawain


---

Pour aller plus loin...

◾ Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir une notification à la sortie d'un nouveau livre ou au lancement d'un prochain financement participatif : http://eepurl.com/bWdFyv
◾ Pour participer au forum ou au discord : https://forum.studio-agate.com/
◾ Pour nous parler sur discord 
◾ Pour connaître l'actualité du studio Agate en ce début 2020.

Les cycles de création et destruction

Le Kaan est marqué par des empires grandioses, dont la gloire n'est pas toujours proportionnelle à leur durée. Les philosophes merosis ont théorisé le sens de ces cycles de création et de destruction.

Tamerakh abattit les cités d’argile avant de se lancer à la conquête du reste du monde. D’anciens royaumes de l’ère des Rois destinés tombèrent dans l’oubli, éclipsés par sa gloire immortelle. Lui-même pourtant ne fut pas à l’origine d’une dynastie, car tous ses proches périrent au cours de la chute de Mangulik, la capitale sacrifiée. 

La révélation de l’apothéose du conquérant devenu dieu puis de sa mère Xonim fut à l’origine dans le Kaan d’une période mystique chaotique, dominée par des prêtres dont on dit qu’ils étaient parfois déments. Le pays était déchiré par les rivalités d’officiers de seconds rangs qui tentaient de tailler leur royaume dans l’empire décapité. L’ezen Tsunsny était un merosi, aussi bon combattant qu’administrateur rigoureux. Il rassembla une nouvelle armée et reconquit les cités d’argile qui avaient tenté de quitter l’empire. Il est resté dans l’histoire comme l’un des grands bâtisseurs du port de Khaalgany et comme un philosophe de premier plan. Il créa l’institution du nandinat. 

Chaque conquérant ezen nomme comme successeur un nandin c’est-à-dire « le sacré ». La fonction de ce dernier est de maintenir l’empire, le consolider et veiller à son harmonie. Chaque nandin nommera à son tour comme successeur un nandin. Un jour viendra où un nouvel ezen viendra de la steppe et renversera le nandin pour mettre en place un nouveau cycle de création et destruction – inspiré de l’œuvre de Tamerakh. 

Le Vieux Kaan devint l’empire des cycles éternels.

Première étape : Création 


Un ezen héroïque et inspiré rassemble une armée enthousiaste et vole de conquête en conquête, posant les fondements d’un nouvel empire et d’un nouveau cycle. Il libère le monde, le purifie et le régénère.

Deuxième étape : Consolidation


Le conquérant confie son empire à un nandin qui sera le fondateur d’une dynastie dont les dirigeants ont le devoir sacré de maintenir et renforcer l’empire. Chaque nandin à son tour nomme son successeur. Le but avec cette succession non nécessairement liée au sang, est que des nandins de toute espèce et toute tribu puissent régner. Au sein d’une même dynastie, on peut voir se succéder un nandin gobelin, puis un kobold, un humain, un orc, un merosi, etc. Il est licite de nommer héritier ses propres enfants, mais cette pratique est considérée avec suspicion comme un possible point de départ d’une période de décadence. Un nandin peut changer d’héritier désigné en cours de règne ; il peut aussi garder secret l’identité de l’héritier de son choix, dans un testament scellé par exemple. Il lui faut néanmoins toujours choisir un successeur, voire plusieurs (en cas de crise grave) dès son couronnement.

Troisième étape : Décadence


La décadence est un concept qui a beaucoup intéressé les philosophes kaani. 

Dame Khutga, une merosi qui appartenait à une dynastie nandins des Suvdeen (303–704), avait une vision très négative de cette phase de cycle. Princesse de fin de cycle, elle vécut dans l’opulence, avant de devoir fuir son pays dans des circonstances effroyables. Pour cette philosophe, la décadence est la volonté de perpétuer des habitudes inadaptées, qui n’ont plus raison d’être. Elle témoigne donc d’un aveuglement nostalgique doublé d’une forme de fatuité arrogante. Le décadent se complait dans un raffinement égocentré qui ne sert qu’à combler un vide existentiel, dans le déni de son incapacité à affronter la réalité d’un monde changeant. Il s’accroche en particulier à des privilèges qu’il n’a rien fait pour mériter et qui participent de l’aggravation de la situation globale. 

La poétesse Yulduz se situe à l’opposé de la position de Khutga. Provocatrice dans l’âme, elle affirme que la décadence est en réalité une phase d’affirmation de l’individu, libéré de la tutelle morale du collectif. Lors de cette phase, la liberté est véritable. Xonim, dame de la nuit, qui abandonna la prêtrise pour guider son fils vers la divinité – objectif grandiose mais totalement égoïste – serait une image de la vérité profonde de la décadence.

Quatrième étape : Destruction


Quand une société n’est plus capable d’évoluer harmonieusement avec le monde qui l’entoure et qu’elle se crispe sur des souvenirs d’une grandeur passée, le temps est venu pour elle d’être détruite par Tamerakh. L’armée guidée par un ezen inspiré est son instrument.


Pour les curieux souhaitant en savoir plus sur le Kaan : un article sur les tensions entre pays, centré sur Kartaçöl ; la folie et l'horreur des terres glacée du Grand Nord ; les cités d'argile ; les ulkani ; la horde ; une légende gobeline ; des rumeurs sur les hobgobelins de Shüd'delkhii ; la passion du dressage dans le Grand Kaan ; les styles de campagnes dans le Grand Kaan ; le peuple gobelours ; le peuple gobelin ; le peuple kobold.


Repaire d'un ezen en conquête, par Gawain


Pour aller plus loin...

◾ Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir une notification à la sortie d'un nouveau livre ou au lancement d'un prochain financement participatif : http://eepurl.com/bWdFyv
◾ Pour participer au forum ou au discord : https://forum.studio-agate.com/
◾ Pour nous parler sur discord 
◾ Pour connaître l'actualité du studio Agate en ce début 2020.