Les forces montantes de Kaan

mardi, septembre 19, 2017 Iris d'Automne 0 Comments

Pendant des mois, le vaisseau pirate avait sillonné les mers Ustalva et Lanabahr, semant la destruction et la terreur. Avec la guerre civile en Cyrillane, qui était en mesure de se mobiliser contre cette menace ?

Les aventuriers avaient été engagés par les survivants de villages attaqués. Ces malheureux désiraient la fin des raids sanglants, et le retour de ceux qui avaient été capturés, et sans doute réduits en esclavage, quelque part... Mais Eana était vaste !

Même un navire pirate a besoin de ravitaillement quand il part pour de longues campagnes, celui-là ne devait pas faire exception. Les aventuriers avaient fait jouer tous leurs contacts dans les milieux interlopes. La contrebande était florissante, et beaucoup de marins avaient des activités douteuses, ou eux-mêmes des relations qui s'adonnaient aux pires crimes.

En fin de compte, les aventuriers avaient rassemblé suffisamment d'informations pour être prêts à tendre un piège au vaisseau pirate, se servant d'une lourde caravelle comme d'un appât. Rumeur et fausses informations racontées aux bonnes personnes, certitude de la proximité du navire ennemi... Un peu de chance... c'était tout ce qu'il leur fallait...

Flore leur sourit !

Ils avaient attiré les pirates ! Mais il restait encore à lutter, et à vaincre l'équipage de forbans ! Le combat nocturne à la lueur des lampes fut intense, et les aventuriers finirent par l'emporter. Certains d'entre eux avaient subi de rudes blessures du capitaine ennemi... une hobgobeline ! Sa seule présence terrifiait les pirates sous ses ordres, et même blessés, même attachés, même décimés, ils calquaient leur attitude sur la sienne.

L'intrépide guerrière en savait apparemment long, et se montra obstinée. Elle consentit seulement à donner son nom : Godogjim. Pour le reste, elle demeurait mutique. Que faisait-elle des prisonniers ? Pour qui travaillait-elle ?

... Certains des aventuriers, impatients, commencèrent à ressentir la tentation de la passer à tabac pour la forcer à parler, mais d'autres firent valoir qu'interroger patiemment et séparément les marins survivants pourrait sans doute permettre de collecter des indices. Cette manœuvre était longue et laborieuse, ennuyante aussi, mais progressivement, il fut possible d'arracher des informations qui pouvaient être recoupées et donner un début de tableau d'ensemble.

Sur le continent Kaan, au nord des terres de la dynastie conquérante de Kartaçöl, dans une région réputée barbare et sauvage, se trouvait une ville hobgobeline. C'était là-bas qu'on convoyait les esclaves dans le plus grand secret, pour la réalisation de quelque projet d'une ampleur inouïe...





Une guerrière hobgobeline, par Gawain

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