Une année dans la Cité Franche et les Drakenbergen

Je vous propose cette semaine un aperçu des fêtes et temps forts de l'année dans une grande partie du Cyfandir. Elles sont bien connues dans la région de la Cité Franche et dans les Drakenbergen, mais plusieurs d'entre elles sont aussi célébrées plus au nord, en Lothrienne et en Arolavie notamment. Vous verrez que des fêtes druidiques antiques subsistent, parfois remplacées par des célébrations adossées à des religions plus structurées. Il s'agit là d'un panorama brossant les grands traits des périodes importantes : à vous de voir comment vous souhaitez vous les approprier. Simple toile de fond d'ambiance ou point de départ d'une aventure ? Fêtes communes ou forts particularismes locaux ? 

Les temps forts de l’année


Les temps forts et fêtes de l’année varient dans chaque civilisation, mais souvent on retrouve des invariants, associant festivités sacrées et moments clef du calendrier, de sorte que les fêtes sont aussi des moments de passage durant lesquels des phénomènes surnaturels d’une certaine nature ont plus de chance de se produire.

Dans une campagne, la prise en compte des cycles de l’année peut colorer les voyages et susciter des péripéties inattendues, venant compliquer – parfois faciliter – les quêtes des aventuriers.

Fêtes locales


Les motifs de fêtes locales sont assez bien partagés sur Eana, mais leurs dates varient dans chaque pays ou région.

Anniversaire du souverain


Le jour anniversaire du souverain d’un royaume est l’occasion, surtout dans sa capitale, de grandes célébrations. Tous ses sujets s’efforcent de montrer leur loyauté et leur attachement au pays lors des défilés, jeux, banquets ou feux d’artifices.

Dans le même ordre d’idée, il y a des fêtes importantes lors de la naissance d’un héritier, lors du mariage du souverain ou de son héritier, et lors du décès du souverain ou de son héritier.

Célébration d’un triomphe


Les généraux et souverains victorieux reviennent triomphalement dans leur capitale où ils défilent avec leur butin et parfois leurs prisonniers réduits en esclavage. La fête marque le retour de la paix et de la prospérité.

Commémoration


La célébration des commémorations est l’occasion pour la population de se rappeler ce qui fait son unité. Il s’agit généralement de la fin de conflits majeurs ou de crises graves, et la fête est décrétée et organisée par le pouvoir politique. L’aube triste (voir plus loin) est l’exemple d’une commémoration d’un fait tellement important qu’il est entré durablement dans les mœurs.

Fêtes et saisons des contrées tempérées


Les contrées tempérées couvrent la quasi-totalité du Cyfandir, l’entièreté d’Ellerìna et la partie nord du Kaan. Beaucoup de fêtes religieuses identiques sont pratiquées dans cette vaste aire, avec toujours des variations et accentuations locales.

Équinoxe de printemps


L’année commence par l’équinoxe de printemps. Les druides célèbrent le changement de cour féerique : la cour d’automne cède la place à la cour du printemps.

Belteine


Belteine est célébrée à une date médiane entre l’équinoxe de printemps et le solstice d’été. La fête commence à minuit. Des processions ont lieu vers les sources, les sites enchantés ou les cercles druidiques. Les célébrations suivantes ont lieu à partir de midi et jusqu’à minuit, avec toujours des fleurs, des danses et des banquets. On célèbre la vie et la fertilité, ce qui peut localement prendre des formes différentes : défilés, chants, concours de beauté, sacrifice des plus beaux bœufs pour le banquet, orgies, etc.

Solstice d’été


Pour les druides, le solstice d’été célèbre le triomphe de la cour féerique du printemps et de la lumière. Les pactes avec les souverains féeriques sont réaffirmés solennellement.

Le dieu Forgeron est particulièrement révéré à l’occasion de ces célébrations qui valorisent le courage et la force. La croyance populaire veut que les anges au service du Forgeron exauceront les vœux des plus valeureux. C’est ainsi qu’ont lieu des tournois, des mêlées guerrières ou divers jeux, comme celui consistant à sauter par-dessus les brandons ou marcher dans les braises pour prouver son courage. La fête populaire est marquée par de grands feux qui évoquent la course du soleil. Dans les montagnes on fabrique des roues en matériau inflammables, on les transporte au sommet des pentes, puis à la tombée de la nuit, on les fait rouler, en essayant de courir après. Ces fêtes sont bruyantes, l’alcool coule à flot, et les bagarres sont communes, causant régulièrement des décès.

Fête des étoiles


La fête des étoiles est célébrée par les elfes dans la seconde partie de l’été. On se retrouve sur des terrasses en hauteur, à la nuit tombée pour réciter des poèmes, improviser des histoires d’amour et d’aventure, boire des liqueurs délicates, faire la cour, et admirer la course des astres. Plus qu’une fête à proprement parler, il s’agit plutôt d’un usage propre à la saison.

Fête des récoltes


Les fêtes des récoltes ont lieu à des dates différentes selon les régions et le type de culture. On célèbre les dernières moissons (ou vendanges). Le style des festivités dépend lui aussi des ressources locales. Dans l’ensemble, elles ont lieu à une date située approximativement entre le solstice d’été et l’équinoxe d’automne.

Il s’agit dans tous les cas d’un des derniers très grand rassemblement. On se réjouit que les greniers soient plein, on remercie les voisins et les journaliers qui ont aidé à récolter.

Dans les régions froides, où les voyages sont difficiles durant la mauvaise saison, les justiciables viennent parfois de loin pour que leur affaire soit jugée en appel par un jarl, un roi ou un haut druide. Les peines prononcées peuvent être l’amende, le bannissement ou la réduction en esclavage. En cas d’incapacité à trancher sur le différent, on ordonne un (ou plusieurs) duel judiciaire qui s’intègre aux célébrations.

La fête des récoltes commence ou s’achève par le paiement des impôts, en monnaie ou en nature. Les grands convois en direction des greniers seigneuriaux, royaux ou citadins partent dans tous les cas à l’issue de ces célébrations.

Équinoxe d’automne


Pour les druides, l’équinoxe d’automne est avant tout le moment où la cour féerique d’automne commence son règne. Les fêtes et rituels visent à s’assurer de bonnes relations avec ses membres.

Il s’agit également de la date à laquelle la déesse Xonim – ou Nuit – est honorée car son domaine, la saison sombre, commence.

Samhain


La fête de samhain est célébrée à une date approximativement médiane entre l’équinoxe d’automne et le solstice d’hiver. Son nom lui vient des cultes druidiques qui accompagnent les cycles des saisons. Pour les prêtres de Mort, c’est l’une des deux plus grandes fêtes de l’année avec le solstice d’hiver.

Dans certaines contrées, les exécutions judiciaires ont lieu spécifiquement lors de cette célébration et sont accomplies rituellement par les prêtres ou les druides. Le but est alors de s’assurer que l’âme des condamnés à mort sera emportée par la chasse sauvage.

En cas de crise de subsistance ou de risque de disette, les druides peuvent aussi sacrifier un membre digne de la communauté, lui donnant pour mission d’aller rejoindre les esprits sauvages souterrains pour favoriser la fertilité des sols, afin que les récoltes de l’année suivante soient meilleures.

Samhain marque dans tous les cas, le moment à partir duquel les morts reviennent visiter les vivants, selon différentes modalités, plus ou moins marquées selon les lieux ou les années :

    ◾  Chasse sauvage. La chasse sauvage est composée de chiens du trépas, de cavales surnaturelles et de leurs cavaliers – parfois des valkyres. Cette troupe poursuit, capture et rassemble les âmes errantes des morts. Elle met de l’ordre dans la non-vie. Il est possible de la rencontrer tout au long de l’année, tout particulièrement durant les nuits de tempête, mais son activité est plus intense entre samhain et carnaval. Effrayante et d’une fréquentation dangereuse, la chasse sauvage est proche des cours d’automne, et peut faire halte parmi les fées de cette saison. Ses membres obéissent à leur propre logique, et n’ont pas la même perception que les mortels de ce qui est juste ou injuste.

    ◾  Danse macabre. À la nuit tombée, les morts durant la période entre Samhain et le solstice d’hiver, se réveillent et s’animent parfois pour des danses macabres squelettiques, d’aspect déroutant. Ces bals de morts sont fréquemment organisés par les guenaudes et impliquent généralement des squelettes animés par leur âme en visite sur Eana, avec parfois des invités plus atypiques, tels que des membres de la cour féerique d’automne ou des sorciers. La fête a lieu principalement dans les cimetières.

    ◾  Rêves éveillés. Les périodes de veille et demi-sommeil peuvent être l’occasion de rencontres avec des esprits défunts. C’est tout particulièrement vrai durant la période entre samhain et la semaine qui suit le solstice d’hiver. Mort autorise certains de ses sujets à venir visiter leurs proches durant quelques dizaines de minutes. Les personnes en deuil essaient de faciliter ces apparitions en priant le soir, face à un miroir, seulement éclairés d’une ou deux bougies.


      L’aube triste


      Les défunts de la ligue de l’Aube sont encore célébrés dans certaines régions, à l’aube du solstice d’hiver. Durant toute la journée, on se doit d’éviter toute activité et toute agitation. On n’allume pas de feu de toute la journée : le froid ressenti évoque la tristesse autant que le manque ou le deuil. Les repas du matin et de midi sont frugaux. Au crépuscule, on dépose des bougies sur les stèles, en mémoire des disparus. On évoque ceux qui sont tombés au combat, contre le Chancre, mais aussi par extension dans tous les autres conflits. Une fois que la nuit est tombée, il est temps de se rassembler, de rallumer de grand feu dans les maisons, et de garder la lumière allumée toute la nuit, en banquetant, buvant et chantant les héros disparus.

      Solstice d’hiver


      Le solstice d’hiver est une des grandes fêtes des défunts. Elle un des temps forts pour les druides. L’énergie accumulée dans le sol durant l’automne et grâce au pourrissement, va désormais servir au retour d’une vie nouvelle.

      Pour les adeptes de Mort, les célébrations du solstice d’hiver sont l’occasion pour toutes les générations, vivants et morts, d’être unis. C’est une manière d’accepter le deuil en parlant, en riant, en échangeant des cadeaux et en se tournant vers l’avenir.

      De nombreuses traditions divinatoires sont associées à cette fête. Il s’agit souvent de laisser un objet (sa nature varie) durant la nuit, dehors à l’entrée ou sur la table du banquet, ou dans la cheminée, puis regarder son état au petit matin et l’étudier pour discerner les signes des esprits qui ont répondu aux questions posées.

      Carnaval


      Les célébrations du carnaval ont lieu à une date approximativement médiane entre le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps. Il s’agit symboliquement de chasser les esprits et créatures associées à la saison sombre, les morts, les monstres des ténèbres, les fées maléfiques. On se libère de tous les mauvais souvenirs de l’année passée, de toutes les frustrations et de tous les regrets.

      Tout commence par un grand ménage et lessivage. La chasse des méchants lutins donne lieu à des rituels durant lesquels des habitants se griment en monstres et jouent à cache-cache avec les jeunes qui les traquent et les repoussent littéralement à coup de balai et de serpillère. Dans les maisons, on trie, on rassemble le bric à brac, ce qui ne peut être réparé, ce dont on ne veut plus. Tout est rassemblé sur les places et entassé pour édifier un bûcher.

      En parallèle, durant parfois une semaine, ont lieu des processions débridées. On se déguise en monstre, en bête sauvage, en fées de la cour d’automne fort mal lunées – les guenaudes sont toujours très appréciées dans ces caricatures. On caricature les puissants, les bardes jouent des satires et partout on entend des chansons paillardes.

      Dans certaines régions pratiquant l’esclavage, un ou plusieurs esclaves sont désignés pour être les maîtres durant le carnaval. Ils seront servis royalement par leurs propriétaires. Cette comédie du renversement et du débordement peut avoir une forme très sombre vers la fin de la fête.

      Le carnaval s’achève par un grand brasier. On y détruit le plus souvent des mannequins représentant les méchants de l’hiver (guenaudes, loups-garous, etc.). Il existe cependant aussi des cas de sacrifices humains. Les victimes sont des condamnés à mort ou des esclaves. Dans les régions qui pratiquent ce rite, les sacrifiés ont été célébrés et traités royalement durant la période du carnaval. Tout leur était permis à l’exception peut-être de quitter la région pour sauver leur vie, ou bien de tuer des habitants.

      Après le carnaval, il faut vivre sur les dernières réserves jusqu’aux prochaines récoltes du printemps. La période redevient austère et travailleuse, mais on se console car la lumière revient.





      Ornements inspirés d'enluminures, par Gawain


      --

      Pour aller plus loin...

      ◾ Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir une notification à la sortie d'un nouveau livre ou au lancement d'un prochain financement participatif : http://eepurl.com/bWdFyv
      ◾ Pour participer au forum ou au discord : https://forum.studio-agate.com/
      ◾ Pour nous parler sur discord

      Ambiance de rue dans la Cité Franche


      Poussé par son infatigable visiteur, Mirë Lelyen n’avait de cesse de jouer les guides, étant souvent contraints d’approfondir des sujets qu’il croyait pourtant connaître. Manyen Uvëa découvrait avec admiration le majestueux conseil des guildes. On y accédait depuis la place du marché du forum, lieu d’échange des marchandises les plus étonnantes. Ici or et argent d’Acoatl, là ambre du Septentrion, et là soie du Shi-huang, puis café de Ghadat, thé du Men-hong, sucre des Barbaresque, cannelle de l’Ajagar, ivoire du Mibu, et bien d’autres encore ! 

      Les deux elfes passaient d’un étal à l’autre, les yeux brillants, et malgré tout, toujours une main sur leur bourse, même si la vigente du quartier d'Artifique était très dure avec les voleurs à la tire. La sécurité dans le principal marché de la ville était une priorité. 

      Le temple de Forgeron, dans la Cité Franche, par Chane



      Aujourd'hui, dans la suite de l'article évoquant une arrivée dans la Cité Franche, voici un aperçu d'un élément local bien connu :

      Les chauffetiers des quartiers populaires 


      Quand vous vous promenez dans les quartiers populaires, vous ne pouvez manquer de remarquer les comptoirs à réchauds, plus familièrement nommés « chauffetiers ». On en trouve désormais dans de nombreuses villes sous l’influence culturelle de la Cité franche. Il s’agit de petits restaurants dans lesquels on mange rapidement au comptoir. Leur nom provient de trous circulaires aménagés dans le comptoir et dans lequel se trouvent des marmites ou d’autres récipients gardés au chaud. Les établissements ne sont parfois dotés que d’une minuscule façade, le gérant servant un unique plat ou bien des variations autours d’une technique. Dans la Cité franche, la diversité des communautés permet de trouver un grand nombre de spécialités. Voici un aperçu de menus classiques de chauffetiers : 

      Galette fourrée. On cuit des galettes sur des plaques de métal, devant les clients, puis on les fend d’un côté avant de les remplir de ragoûts plus ou moins épicés. Les variantes les moins chères sont dépourvues de viande. Il s’agit par exemple de fondues de poireaux ou de sortes d’oignons confis. 

      Beignets. Poissons, crustacés, céphalopodes, courges, oignons… tout se frit ! Chez les chauffetiers les moins chers, l’huile est rance, les poissons ont toutes leurs écailles et… à vrai dire on n’est pas très sûr de ce qu’on mange. 

      Bouillon garni. Des pâtes, du bouillon et une garniture au choix (œuf dur, œuf battu, oignons frais, carottes cuites…). En cherchant bien, on peut trouver de très bonnes adresses pour pas cher. Chaque civilisation a ses recettes, ses ingrédients fétiches et ses saveurs uniques. 

      Chaussons. Cuit dans l’eau comme des ravioles, frit, à l’étouffé ou à la vapeur, le chausson est un plat commun connaissant quantité de variations dans son aspect et dans sa farce : viande et pruneau, viande seule (chair à saucisse, abats…), légumes épicés, pomme, prunes rouges épicées… Le chausson est apprécié des manouvriers et des gens pressés car il se transporte facilement dans une musette et peut être dégusté – hélas froid – un peu plus tard au besoin. 


      Et pour en savoir plus sur la manière dont ce lieu fut illustré, un WIP par Chane


      --

      Pour aller plus loin...

      ◾ Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir une notification à la sortie d'un nouveau livre ou au lancement d'un prochain financement participatif : http://eepurl.com/bWdFyv
      ◾ Pour participer au forum ou au discord : https://forum.studio-agate.com/
      ◾ Pour nous parler sur discord 

      Guide de la magie d'Eana

      Nous poursuivons la mise à jour des ressources du portail Dragons ! Vous pouviez déjà y trouver le kit graphique d'Aventuriers, enrichi des éléments graphiques tirés de Grimoire ; des fiches de personnage ; des cartes d'Eana et de la Cité Franche ; des créations de la communauté (fiches, aides de jeu) ; et le glossaire de traduction.

      La semaine dernière nous vous présentions le guide du joueur, cette semaine, l'heure est venue de vous présenter le guide de la magie :  le guide de la magie.

      Au sommaire :

      - Les écoles de magie
      - La géomagie 
      - La corruption
      - Le système modulaire appliqué à la magie
      - Un aperçu des sorts d'Eana
      - Un lexique des phénomènes surnaturels d'Eana
      - Les potions alchimiques courantes


      Bonne lecture !


      Étude sur les symboles de magie, par GinL



      --

      Pour aller plus loin...

      ◾ Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir une notification à la sortie d'un nouveau livre ou au lancement d'un prochain financement participatif : http://eepurl.com/bWdFyv
      ◾ Pour participer au forum ou au discord : https://forum.studio-agate.com/
      ◾ Pour nous parler sur discord

      Guide du joueur d'Eana


      Le Guide du joueur d'Eana vous permet de découvrir l'univers de Dragons et de créer vos premiers personnages. Ce guide utilise les règles augmentées de la 5e édition et peut être utilisé avec tout autre cadre de campagne. Il contient :
      La Forge du destin. Découvrez cette entité cosmique et ce que signifie d'être un Élu du destin, choisi par la lune Éternité. 
       
      Le monde d'Eana. Ce chapitre évoque l'histoire du monde, de la chute des Voyageurs à l'ascension de Tamerakh, le guerrier merosi qui devint un dieu. Il présente également les différentes civilisations que vous pourrez découvrir pendant vos aventures.
       
      Création de personnage. Deux nouvelles étapes de créations vous permettent de choisir votre civilisation et de décider si votre personnage est éveillé à la magie ou encore dormant.
       
      Espèces. Ce chapitre décrit les drakéides, les merosis (demi-orcs) et les Tieffelins ainsi que leurs particularités liés à l'univers d'Eana.
       
      Classes. Découvrez les ensorceleurs et les psychurges ainsi que les divinités harmoniques et entropique.
       
      Dons. Cette section détaille 4 dons spécifiques à Dragons. Le livre de base en détaille une quarantaine.
       
      Système modulaire. Cette partie introduit le concept du système modulaire qui vous permet d'adapter le jeu à l'ambiance que vous cherchez à instaurer.
       
      Fiche de personnage. Découvrez la fiche de personnage de Dragons à la fin du Guide du joueur.
      Le Guide du joueur vous est proposé en libre téléchargement. Profitez-en !

      Bon voyage en Eana...


      --

      Pour aller plus loin...

      ◾ Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir une notification à la sortie d'un nouveau livre ou au lancement d'un prochain financement participatif : http://eepurl.com/bWdFyv
      ◾ Pour participer au forum ou au discord : https://forum.studio-agate.com/
      ◾ Pour nous parler sur discord

      Arriver dans la Cité Franche


      Clin d’œil à ceux qui sont impatients d'en savoir plus sur la Cité Franche avec quelques événements de tous les jours, mais qui pourraient, qui sait, être le point de départ d'une aventure ?

      Arwen Uvëa était une amie de longue date, habitant Varnaïrello en Ellerìna. En dépit des années et de l’océan qui les séparaient, Mirë Lelyen et elle poursuivaient leur correspondance. C’est au cours de l’une de ces missives que l’érudit avait appris que Manyen, le fils d’Arwen, venait d’atteindre l’âge auquel les ellenions ont coutume de faire un voyage de par le monde. Le jeune homme arriverait à bord la Danseuse tempétueuse et ferait sa première escale à la Cité Franche.
      Dès l’annonce de l’arrivée du navire au port, Mirë Lelyen avait quitté son domicile dans le quartier des cristaux pour se porter à la rencontre du nouveau venu. En cette matinée de début d’automne l’air était encore doux et le ciel clair.  Il descendit d’un pas vif les quais du Dispende pour atteindre le pont de l’Aube. De là, il prit place dans l’un des petits dériveurs qui permettaient aux habitants de rejoindre plus rapidement les parties opposées de la ville. Il y en avait en circulation pratiquement à toute heure du jour et de la nuit. Ils étaient nécessaires pour assurer l’approvisionnement de toute la partie ouest de la ville, coincée contre les rochers et dépourvue de route terrestre menant à l’extérieur. Maraîchers, bestiaux, artisans : tout le monde passait en tous sens, suscitant des embouteillages permanents et des accidents réguliers.
      La traversée lui prit environ une demi-heure pour atteindre le port des Sentinelles, dans le quartier de l’Étoile. La Danseuse tempétueuse avait eu le temps de manœuvrer lentement pour traverser précautionneusement la rade surpeuplée et atteindre sa destination. Ses passagers étaient descendus, certains attendaient leurs bagages, d’autres avaient déjà entamé les formalités à la capitainerie, incluant notamment le paiement des taxes d’entrée dans la ville.
      Manyen Uvëa figurait dans les premiers, impatient de découvrir la Cité Franche.
      Sitôt que le jeune homme eût rencontré Mirë Lelyen, il posa sa main droite sur son cœur tout en s’inclinant avant de s’exprimer en un elfique soigné :
      « Merci de m’accueillir. Ma mère m’a beaucoup parlé de toi et j’ai pris grand plaisir à lire les mémoires de voyage que tu as publiées. Je me sens heureux et honoré que tu me guides dans cette cité. Je m’efforcerai d’être un élève appliqué et un visiteur respectueux. »
      Son hôte répondit au salut de même, à la mode de leur peuple, mais avec une attitude plus vive, imprégnée de ses années à habiter une métropole grouillante de monde. Formalités passées, les deux hommes firent quelques pas dans le quartier de l’Étoile, l’aîné invitant son cadet à une halte dans une taverne. Ils traversèrent l’élégante salle commune dominée par des tons bleu de cendre pour prendre place à une table dans la petite cour fleurie ornée d’aster aux nuances mauves et violettes éclatantes, sur fond de buissons dont les feuillages avaient viré tantôt au rouge profond, tantôt au jaune doré.
      « Pour être tout à fait franc, j’étais un peu étonné en apprenant que tu n’habitais pas ici ou même au palais de la pointe.
      – Par ici les nôtres demeurent bien souvent entre eux et vivent comme en Ellerìna, parlant au quotidien presque seulement l’elfique. J’ai préféré emménager dans un quartier plus cosmopolite et plus proche des bibliothèques, tant privées que publiques.
      – Je comprends. À quoi bon partir si loin si c’est pour vivre à l’identique ? Je ne suis pas encore nostalgique, je serai heureux de vivre parmi les cyfands. J’ai appris la langue, mais je ne connais rien des usages. Instruis-moi s’il te plait, que je ne t’embarrasse pas par mes mauvaises manières. »
      Myrë Lelyen s’inclina et s’éclipsa pour passer commande, réfrénant un sourire amusé à l’idée que le jeune étranger pût craindre d’offenser quiconque. Tandis qu’une collation était servie, la discussion reprit :
      « Les habitants de la Cité Franche ont des manières diverses de se saluer. On peut distinguer globalement celles qui impliquent un contact, perçu comme une marque de sincérité, et celles qui à l’inverse posent une distance en signe de respect et de dignité.
       » La pratique dominante dans ces contrées consiste à se saluer en se saisissant mutuellement l’avant-bras droit serait un ancien usage venu du nord du Cyfandir. Dans certaines régions, le salut est suivi presque systématiquement d’une accolade. L’explication du geste serait « je ne suis pas votre ennemi et vous confie la main avec laquelle je me bats pour vous prouver ma volonté de ne pas vous combattre ». Au quotidien, quand ils n’ont pas le temps ou ne font que se croiser, les cyfands de culture populaire se contente de lever la main droite brièvement.
       » Parmi les élites raffinées, certains ont adopté la salutation elfique, la main sur le cœur. Elle est comprise ici comme signifiant à peu de chose près « si je manque de sincérité, que mon cœur cesse de battre ». Les personnes influencées par la culture cyrillane et celle des royaumes des Sables ont un geste proche : la main sur le cœur et une arabesque de la main évoquant une invitation. Les ressortissants d’Ajagar et Rachamangekr s’inclinent en joignant les mains. Le sens du geste semble pouvoir se traduire ainsi : « Je vous respecte et vous montre mes mains liées, je ne cherche pas à agir contre vous ».
      – Si je comprends bien, il est parfois souhaitable d’adopter la mode de salut cyfande pour ne pas donner l’impression de mépriser mon interlocuteur, tandis que d’autres pourraient s’offusquer d’être traité de manière cavalière. Je ferai attention. » 


       Ensemble de caryatides, par Gawain

      Un peu plus tard...


      Manyen Uvëa considéra le dériveur avec un peu de réticence. Il avait traversé l’océan à bord d’un véritable vaisseau et avait vu depuis le pont les petites embarcations à fond plat qui encombraient la rade. Il glissa ses doutes à voix basse en elfique :
      « Est-ce bien prudent de naviguer à bord d’un si frêle esquif ? Ils sont si nombreux et paraissent avoir des trajectoires si désordonnées… N’y a-t-il jamais d’accident ?
      – Oh si ! sourit avec embarras Meryë Lelyen. Mais le plus souvent ils ont lieu par temps de grand vent ou de brouillard. C’est un peu dangereux dans ces cas-là, mais aujourd’hui, les conditions sont bonnes, il n’y a pas à s’inquiéter. Les gens ont l’habitude. D’ailleurs, le cours du Dispende est canalisé et totalement contrôlé, et les flux des marées sont limités par l’étroitesse du passage du phare : il n’y a pratiquement pas de courant dans la rade. Cela pose d’autres problèmes tels que la puanteur des eaux saumâtres en été et l’ensablement du port, mais cela ne nous concerne guère. L’essentiel reste que le dériveur est bien plus rapide pour atteindre le quartier des cristaux depuis ici. Les trajets à pieds sont longs et les rues souvent encombrées.
      – La voie des eaux est-elle toujours la plus rapide ?
      – Non et d’ailleurs même si beaucoup de quartiers ont vue sur la mer, les falaises ou la profondeur de l’eau limitent les possibilités. Le quartier éolien se caractérise par ces deux contraintes. C’est aussi le cas aux pieds de la guilde des bâtisseurs.
       » Les grands navires venant de l’océan ont le choix entre le port des Sentinelles dans le quartier de l’Étoile, le port de l’Armatrice au sud de l’Académie, et le port des Épices dans le quartier de Ghardat.
       » Les embarcations à fond plat en revanche peuvent aller jusqu’au bidonville d’Asoif à l’ouest, au marché du forum – au pied du temple de Façonneur – et tout le long du cours canalisé du Dispende.
       » Beaucoup de quartiers de la ville, coincés dans les hauteurs escarpées, sont très difficiles d’accès. Depuis que les Éoliens ont consolidé leur présence, on trouve sur les terrasses de toit des espaces adaptés aux agiles nefélytres. Les boursoufleuses en revanche restent rares. Il y a actuellement un pont en construction, entre le quartier Éolien et celui de l’Académie. Il y aura des jetées adaptées à ces grosses embarcations volantes.
      – Tout cela donne le sentiment d’une certaine improvisation.
      – La Cité Franche a grandi sans véritable plan d’ensemble et les quartiers décident de leurs aménagements sans toujours se concerter. La ville est vivante et offre beaucoup d’opportunités, mais elle n’est pas faite pour la mesure ou le repos. » 


      --

      Pour aller plus loin...

      ◾ Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir une notification à la sortie d'un nouveau livre ou au lancement d'un prochain financement participatif : http://eepurl.com/bWdFyv
      ◾ Pour participer au forum ou au discord : https://forum.studio-agate.com/
      ◾ Pour nous parler sur discord

      Comprendre les guenaudes

      Vous avez déjà eu l'occasion d'en apprendre un peu sur les guenaudes vertes et celles des mers, notamment au travers de l'appartenance des premières aux cours féeriques d'Automne. Comme la saison s'y prête, voici de quoi nourrir vos histoires de sorcières ! 

      Si elles paraissent souvent sous la forme de vieilles femmes dans les contes, les guenaudes peuvent aussi avoir un aspect masculin – on parle alors de guenaud. Beaucoup décrivent ces êtres comme maléfiques, et ils le sont par certains aspects, mais cela ne les empêche pas d’obéir au même rigoureux code d’honneur que les autres fées. 

      Le sens profond de la vieillesse décatie 



      Ces êtres sont les représentants par excellence de la cour d’automne, celle qui veille quand la foule des êtres féeriques de la belle saison sommeillent. La vieillesse et la laideur des guenauds et guenaudes sont l’expression de la décomposition et de la mort apparente de la nature durant le règne de leur cour féerique. Par leur ironie mordante et leurs sarcasmes, les guenaudes rappellent volontiers aux héros le destin qui les attend : la mort au combat, ou bien la lente décrépitude du grand âge. Elles se moquent des guerriers qui se croient sans peur parce qu’ils affrontent un dragon, et tremblent de dégoût en imaginant la libido de vieilles sorcières édentées. Elles-mêmes immortelles et coriaces, elles traversent les siècles en trouvant des loisirs – qui n’amusent parfois qu’elles. Érudites, elles savent généralement pourquoi elles ont une apparence qui repousse tant les mortels, et en jouent parfois dans des énigmes ou des devinettes, pour tester la sagesse et le bon sens d’aventuriers venus demander leur aide. 

      Les ultimes guetteurs 


      Malaimées et railleuses, les guenaudes vivent fréquemment en marge, dans des lieux difficiles d’accès et dangereux. Cela ne les empêche pas de se tenir informées par l’entremise de leurs serviteurs ou l’usage de divination. Lors des pires crises frappant la communauté féerique, les guenaudes révèlent leur ténacité et leur ingéniosité. Dans ces moments, les fragiles membres de la cour de printemps se mettent en sommeil, cédant la place aux guenaudes. Sinistres, elles paraissent déterminées à terrifier la peur elle-même, et ne se laissent pas décourager par des situations paraissant désespérées. Quand les bois sont envahis par les ettercaps ou infestés par une hydre, elles sont ainsi les dernières fées à demeurer et offrir un refuge pour le moins inquiétant aux aventuriers. 

      Les jolies filles des guenaudes


      Les guenaudes sont connues pour jouer à séduire des aventuriers, par le biais d’illusion, parfois de chantage ou d’accords étranges. De ces unions, pas toujours pleinement consenties ni appréciées, naissent pourtant des fillettes ravissantes, de sang sidhe. Elles sont aussi belles que leur mère est laide. Il naît aussi des garçonnets adorables, mais les contes en sont moins friands et les évoquent moins souvent. Qu’en est-il des enfants des guenauds ? Lorsqu’ils s’unissent à une mortelle, l’issue de la relation détermine souvent l’apparence de l’enfant. Si le guenaud se sent trahi ou vexé, il peut le maudire, de sorte qu’il naisse difforme et laid. Au contraire, si le guenaud est heureux, il peut bénir l’enfant qui pourrait être d’une grande beauté. Il paraît d’ailleurs qu’un enfant de guenaud souffrant d’une extrême hideur pourrait en être libéré en retrouvant son vrai père et en s’en faisant reconnaître. 

      Maison biscornue 


      Les guenaudes soignent leur intérieur, chacune paraissant déterminée à avoir la demeure la plus extravagante, la plus bizarre, la plus extraordinaire : murs en pain d’épice, four pour faire rôtir les enfants, véranda en toile d’araignée, maisonnette juchée sur des pattes de poulet et se déplaçant dans les bois… Les possessions des guenaudes sont tout aussi extravagantes. Elles sont entourées d’un bric-à-brac des plus surprenant, comprenant autant de camelote que d’objets dangereux ou bénéfiques – parfois les deux. Elles sont portées à faire des cadeaux aux gens qu’elles apprécient, avec des critères différents pour chacune, mais elles peuvent aussi faire des cadeaux empoisonnés ou à double-tranchant. 

      Les serviteurs des guenaudes 


      Les guenaudes prennent volontiers des serviteurs dans leur demeure, régnant sur une cour étrange et composite : feux follets, gobelins, farfadets, dryade, enfants humains, bûcherons asservis… Elles ont aussi souvent une basse-cour bien remplie. Il ne s’agit pas toujours de véritables animaux : certains – parfois tous – sont des mortels transformés, risquant parfois de finir en plats pour les invités. 



      Une guenaude noueuse, par Gawain


      --

      Pour aller plus loin...

      ◾ Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir une notification à la sortie d'un nouveau livre ou au lancement d'un prochain financement participatif : http://eepurl.com/bWdFyv
      ◾ Pour participer au forum ou au discord : https://forum.studio-agate.com/
      ◾ Pour nous parler sur discord