Coulisses (1) Les étapes d'un bouclage

Ces derniers temps, j'ai reçu d'assez nombreuses questions relatives au bouclage. Combien de pages inédites il y aura ? Qu'est-ce que ça veut dire une V1 ou V2 ? Pourquoi ça prend autant de temps ? Et bien d'autres ! Aussi je vous propose une série d'articles ici et là, pour évoquer les coulisses draconiques, et d'ailleurs les coulisses en général du cheminement d'un livre au sein du studio Agate. 


Les étapes


1. Le concept. La première chose est d'avoir une idée générale de ce que sera le jeu lorsqu'on démarre une gamme, ou le propos du livre lorsqu'il s'agit d'un supplément. Il est fréquent que les idées s'affinent et s'enrichissent au cours de la rédaction. On pouvait avoir une ligne directrice, et revenir pour l'ajuster en cours de process.

2. Bible du projet. Qu'il s'agisse d'une gamme ou d'un livre, un document de référence rassemble les idées essentiel. C'est une démarche analogue à la rédaction d'un cahier des charges et de la note d'intention. Les bibles peuvent être très courtes ou au contraire déjà très volumineuses. Lorsqu'un projet mûrit longtemps avant de passer en phase "éditoriale", ce peut devenir un document encyclopédique, qui prépare solidement la rédaction. Plus on passe de temps à réfléchir à ce stade et mieux les choses se passent par la suite. 

3. Rédaction de la V1. On a établi un chemin de fer listant les chapitres et sous-chapitre, tout en répondant aux aspirations de la bible du projet. Dans mon cas, ces rédactions ont eu lieu entre 6 mois (c'était vraiment le minimum absolu et record) et bien plus de 5 ans avant la publication d'un livre. Rédiger en amont permet d'avoir une vision d'ensemble sur plusieurs livres.

Pour DRAGONS, j'ai commencé à écrire au printemps 2016 et je n'ai jamais arrêté. Pour vous donner une idée de ce que ça représente, j'écris en moyenne entre 25 et 35K (35000 signes, caractère espace compris, soit environ 8-10 pages A4 avec la maquette DRAGONS) par semaine. Sur une année, j'écris plus de 1 000 000 de signes, soit l'équivalent approximativement d'AVENTURIERS. Dès le début, tous les chantiers de livres de la gamme ont été ouverts en même temps. C'est assez habituel dans ma méthode de travail : j'ai un livre principal qui concentre le gros de mon signage, mais j'avance aussi peu à peu les autres, à chaque fois que je repère une connexion du contenu.

4. Passage à la V2. Une fois que la première version du texte est faite, on a une base de travail. Quand le livre arrive au programme éditorial, c'est à dire qu'il entre pour de bon à l'agenda. A ce stade il faut reprendre le texte. Cela signifie rouvrir le fichier, vérifier qu'il est complet, le relire dans son ensemble à froid. Relire à froid, c'est relire suffisamment longtemps après rédaction pour avoir oublié l'essentiel de ce qu'on pensait au moment d'écrire. Ainsi on est à demi-étranger par rapport à son manuscrit et on n'a (en tous cas c'est le but) pas d'état d'âme à couper / réécrire / insérer. Il peut y avoir des coupes franches, quelques milliers de signes qui partent gaiement à la trappe parce qu'ils ne collent finalement pas avec l'ensemble, avec ce qu'on veut dire, qu'ils manquent de force ou qu'il serait trop difficile en équilibrage de les garder. Au terme de cette phase, on a un texte complet. 

Il est difficile de mesurer le rythme d'avancement sur une V2, cela dépend de fait beaucoup de la V1, mais aussi d'à quel point on est dans le texte, plongé dedans, coupé du monde. En reprise de texte, je pense avoir tourner au maximum entre 50 K et 100K / semaine. En rédaction de V2 au pic d'activité, j'ai atteint une fois mon record de 130K / semaine rédigés (à comparer avec la moyenne...). Après ça, inutile de préciser qu'on est épuisé. 

Dans le cas de textes techniques comme les sorts du GRIMOIRE, il y a aussi quantité de relectures et évaluations et reprises entre la V1 et la Validation de fond. Un peu comme le ping pong décrit plus loin. Pour vous donner une idée, j'avais rédigé une bonne centaine de sorts inédits, mais seulement une moitié ont survécu au flot des critiques : pas assez clair, trop puissant, redondant avec un autre, pas pratique, pas assez ergonomique, risque de susciter des conflits à table, etc. 

5. Validation de fond. Le texte complet, théoriquement totalement fini, avec beaucoup d'application, est ensuite soumis à la validation de fond et validation éditoriale. Les deux relecteurs peuvent être la même personne quand c'est le coordinateur d'ouvrage. En tous cas, il est important que ce soit un regard distinct de l'auteur principal ; ce doit être quelqu'un de critique, avec néanmoins assez de recul pour ne sombrer ni dans l'excès de pinaillage, ni dans la complaisance. Surtout cette personne pense au public, à la communauté : attente, ergonomie, puissance d'évocation, clarté du propos, etc. 

6. Ping pong. Il est exceptionnel qu'un texte passe directement la validation de fond, et hop, direction la relecture maquette. Au lieu de cela, il y a généralement des chapitres qui coincent. Les raisons sont variées, il peut s'agir d'un manque de clarté à corriger, de l'ajout d'aides de jeu qui paraissent importantes pour que le tout s'articule bien, un point fort du manuscrit qu'on veut mettre en exergue en donnant une rallonge de signage sur un aspect. On peut avoir des V4, V5, V6. C'est une phase épuisante car il faut rester concentré jusqu'au bout alors que le temps file. 

7. Relecture de forme. Quand on arrive là, je pousse un grand soupir de soulagement ! 

8. Maquette. Nouveau soupir, et très vite une nouvelle inspiration, parce qu'il faut vérifier méticuleusement que tout est en ordre. Le texte est-il complet ? Aucune phrase de fin de paragraphe n'a sauté ? Pas de copié-collé hasardeux ? Histoire de faire les choses bien, la maquette est aussi le moment où les souscripteurs reçoivent leur PDF et pointent tantôt des coquilles (parfois à tort, parfois à raison), ou posent des questions de bon sens sur un point du contenu. Il faut alors réfléchir rapidement : correction ou pas ? Dans quelle mesure ? ... Et vérifier jusqu'à la dernière minute les PDF (crédits, illustrations et n°ISBN inclus) pour assurer qu'il n'y aura pas de problème chez l'imprimeur.

... me concernant sitôt qu'un texte est parti en relecture de forme je suis à nouveau quelque part entre étape 3 et 4, à travailler sur l'ouvrage suivant :-) 

Mais pourquoi...


Pourquoi change-t-on des choses en cours de route ? Parce qu'à force de travailler sur un sujet, on se rend compte que le premier jet était peut-être sympa, mais pas ultime, alors que les dernières copies, riches de plus d'expérience sont plus solides, plus inspirantes, plus intéressantes. Bref, comme le vin, les idées gagnent à avoir un peu de temps pour mûrir.

Tu parles du texte, mais les illustrations alors ? Tout le long de la rédaction, au plus tard à partir de la V2, je rédige un maximum de commandes d'illustrations. Il s'agit d'un travail à part entière, représenté dans les crédits par l'entrée "direction artistique". Rédiger une commande implique d'imaginer déjà la maquette qui influe sur le format et le type de rendu demandé à l'illustrateur. Il faut aussi lui donner toutes les informations dont il aura besoin en se mettant à sa place. Avoir des bases en dessins et en histoire de l'art sont essentiels, tout autant que disposer d'une grosse base de donnée documentaire. Il y a sans arrêt des éléments à préciser visuellement, sur le mobilier, le costume, le nuancier de couleur attendu, la mise en page, l'ambiance, etc. J'ai mesuré qu'une commande d'illustration me prend généralement une demi-heure. Si vous êtes curieux de la manière dont je prépare une partie de ma documentation, vous pouvez jeter un œil ici. Chaque personne en charge de la direction artistique a sa propre approche, manière de rassembler des idées et inspirations.

Et le bouclage dans tout ça ? C'est quand on a déterminé le moment de passer les livres en fabrication et qu'on avance, avec le sablier qui se vide à côté, en ayant plusieurs choses à faire simultanément.


J'espère que ces quelques éléments vous aideront à mieux vous représenter le parcours d'un chantier de création de livre :-) Si vous avez des questions particulières, n'hésitez pas à les poser ici !


Diantrefosse, alias portrait de coordinateur en cours de bouclage, par Gawain (pour savoir qui sont les coordinateurs, consultez les crédits !)

Pour en savoir plus

Vous trouverez sur le blog Esteren une série d'article sur la création de JdR et les coulisses.


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Le discret dragon d'agate

2020 commence ! Toute l'équipe vous souhaite une heureuse année draconique avec plein de belles surprises et

Le dragon fait sa mue, l'occasion parfaite de vous présenter le dragon d'agate !

Les dragons d’agate sont l’une des espèces de dragon les plus mal connues, du fait de leurs pouvoirs de métamorphose et d’une grande discrétion. Pour survivre à certaines crises et guerres, il leur arrive de rester longtemps sous une autre forme. Ils se dissimulent aussi parfois dans la nature, se réfugiant dans l’Inframonde où ils se lovent parmi les pierres et s’endorment jusqu’à paraître ne faire qu’un avec des veines de métaux. On leur attribue des tremblements de terre, qui surviendraient quand ils bougent dans leur sommeil. Pour cette raison, bien des nains gardiens se refusent à prospecter les gisements d’agate, de crainte de réveiller par erreur un puissant dragon courroucé. Rien que porter de cette pierre précieuse est d’ailleurs perçu comme un signe de malchance pour les plus superstitieux d’entre eux.

Comme les dragonnets ne savent pas encore se métamorphoser, les nids d’agate sont particulièrement protégés et dissimulés. Il n’y a pas d’environnement type, l’essentiel pour les parents étant de passer inaperçu. Les petits apprennent autant de choses que possible tout en restant dissimulés afin d’être prêts à affronter le monde le moment venu. La soif de connaissances et de vagabondage des petits peut donner bien des difficultés au parent, qui doit faire montre d’une attention constante, sous peine de voir sa précieuse progéniture partir en vadrouille.

Sitôt la jeunesse atteinte, les dragons d'agate sont prêts à prendre une forme humanoïde pour découvrir discrètement le monde ! 

... On dit d'ailleurs qu'un dragon d'agate adulte est installé depuis longtemps dans la Cité Franche et qu'il aurait déjà endossé plusieurs identités au fil des années !

Un dragon d'agate sous sa forme draconique, par Gawain


Des études de dragons d'agate de tous âges par Gawain


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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Cité Franche (3) - Le quartier des cristaux

Je poursuis sur une série d'articles répondant à des questions qui m'ont été posées, ici à propos de la Cité Franche. Sur la carte de la ville apparaissent de majestueux monuments de minéraux roses. De quoi s'agit-il ? Au cours des mois passés, vous avez déjà pu avoir un aperçu de l'ambiance de ce quartier en lisant le voyage de Nara.Voici quelques éléments complémentaires :


Le quartier des Cristaux est aisément reconnaissable à ses monuments minéraux le long du cours maîtrisé du fleuve Dispende. Ils furent autrefois offerts à la Cité Franche par leurs alliés nains. Ces merveilles sont considérées comme un ornement de la ville, et seuls des vandales oseraient en extraire des morceaux. Certains se plaisent à imaginer que ces joyaux ont des pouvoirs particuliers, mais au quotidien, ils participent seulement au bien-être des habitants par leur beauté et leur douce luminescence. On se promène dans des ruelles sinueuses, entre de coquettes maisons à colombages aux vives couleurs, dont beaucoup ont la chance d’avoir un jardin d’ornement. Les voyageurs ne se privent pas de se promener dans le quartier des Cristaux pour le seul plaisir des yeux, tandis que les rosiers, les jasmins, les orangers et les citronniers embaument l’air du parfum de leur fleurs. La nuit, les cristaux diffusent une clarté douce et irréelle, et il n’est pas rare d’entendre des concerts privés de musique dont les notes s’envolent agréablement dans l’air du soir.

Le quartier rassemble les alchimistes, des artisans d’art, des musiciens et des arcanistes qui n’apprécient pas la gestion trop bureaucratique ou trop moderne – selon les critiques – des grandes institutions. L’ambiance est presque à l’opposé de l’Académie, beaucoup plus feutrée. Un maître choisit un élève et le forme du début à la fin de son parcours. La relation est très personnelle et implique un engagement à vie de l’un envers l’autre. La loyauté est une vertu aussi prisée que la discrétion, et pour cause : les secrets révélés par un maître à son élève lui permettront à terme de le surpasser et de porter son art encore plus loin. Les habitants ont souvent des secrets – des recettes, des procédés artisanaux, des idées d’œuvres – et ils ne les partagent qu’avec des pairs respectés.


Une vue d'un commerce du quartier des cristaux, par Gawain

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Cité Franche (2)

Cette semaine, une nouvelle leçon de Geeranhuggen. Pour ceux qui seraient arrivés en retard en cours, c'est par ici !

Le développement de la ville actuelle


» L’histoire n’est pas qu’une succession d’événements ne laissant que des traces d’encre dans les livres. Elle marque son environnement, elle change le droit et l’urbanisme. Les privilèges dvaergen

» J’ai déjà évoqué les privilèges des halfelins de la Myetée pour service rendu. Les dvaergen, pour leur soutien essentiel dès la première guerre cyrillane, obtinrent des avantages substantiels sur le commerce sur le fleuve Dispende. Ils purent aussi bâtir dans la partie sud–est de la ville et assurer l’ordre dans leur quartier. Ces premiers accords fondèrent la base du développement de la garde vigente telle qu’elle existe aujourd’hui. Les dvaergen demeurent aujourd’hui les protecteurs de la Cité Franche : sans leurs mercenaires, soyons honnêtes, il n’y aurait pas de défense digne de ce nom en Ouestrie – oui, je suis historien, j’ai la coquetterie d’utiliser les anciens noms.

Les quartiers étrangers


» Le besoin d’investissements et la recherche de la mise en place de partenariats dans tout Eana poussa la Cité Franche à poursuivre dans la lignée initiée par l’accord avec les dvaergen. Ceci prit la forme d’établissement d’importants comptoirs, des quartiers bâtis par des marchands étrangers. C’est ainsi que virent le jour le quartier de Ghardat, dans le sud–est, le quartier rachamanne, à proximité des habitations troglodytes dvaergen ; le quartier cyrillan dans l’est ; le quartier de l’étoile tout au sud, fondé par les elenions ; le quartier éolien, au sud du grand sanctuaire de Forgeron.

Un millefeuille de constructions


» Cette période intense, pleine de nouvelles constructions ne fut possible qu’au prix de la destruction de beaucoup d’anciens bâtiments. Quand vous allez dans une maison du quartier de Ghardat, il arrive que tout son sous-sol date d’un hôtel particulier ou d’un temple datant de la dynastie Drae. Il y a des spécialistes de l’histoire de la ville aussi parmi les guildes de voleurs.

» Ah je vois que cette mention réveille votre intérêt, j’en étais sûr ! Eh bien oui, hélas, certains étudiants tournent mal et trouvent à exploiter la connaissance des réseaux antiques et féodaux. Les canalisations d’eau alimentant la ville, et les égouts ont changé, mais les plus anciens n’ont pas été rebouchés. Les premiers bâtiments de la ville furent construits avec les pierres des environs, et les tunnels des anciennes carrières existent toujours.

» Il faut aussi ajouter les tunnels et caves délibérément creusés à des fins de dissimulation d’activités clandestines. Il y a eu aussi des temples secrets dédiés à Xonim et Tamerakh – pour autant que je sache, il y en a certainement encore. Des rumeurs persistantes font état de tunnels menant à l’Inframonde, ce qui expliquerait la facilité avec laquelle des individus débrouillards trouvent des marchandises en provenant. »

L’expansion et la relation aux autres civilisations


» Si la Cité Franche s’est imposée comme une puissance marchande incontournable, c’est le résultat d’une volonté sans faille, s’appuyant sur un mélange de persévérance et d’opportunisme. En 331 ans, la République s’est attachée à tisser des relations fortes avec de nombreuses civilisations, installant des comptoirs et nouant des accords protecteurs de ses intérêts. Une politique de neutralité affichée dans les conflits locaux a amené notre territoire à être un lieu de rencontre où les agents de peuples ennemis peuvent mener une diplomatie de l’ombre aboutissant parfois à des traités de paix providentiels. Néanmoins, toutes les ambassades et délégations voyagent avec des espions qui agissent par eux-mêmes ou bien font la richesse des guildes de voleurs chargées de faire leur sale boulot : vol, chantage, enlèvement, assassinat. Par le passé déjà, le destin de peuples lointains s’est joué entre les murs de notre ville, et tout indique que ce rôle d’arrière-cour des intrigues n’est pas près de cesser.

» J’aimerais conclure ce premier cours avec un survol des principales contrées avec laquelle la Cité Franche entretient des liens forts. Vous constaterez que je n’aborderai pas le cas de plusieurs d’entre elles : Acoatl, Torea, Mibu, Septentrion, Ajagar, Rachamangekr, Shi-huang et Inframonde. La raison en est simple : nous ne les connaissons pas suffisamment. Des marchandises nous parviennent, un peu d’artisanat d’art, des épices, mais ces contrées n’influencent pas notre histoire assez directement pour les aborder.

Ellerìna


» Ellerìna pour commencer. Nos relations commerciales et culturelles sont fortes. Les jeunes elenions sont nombreux à voyager quelques temps avant de retourner dans leur pays. J’en vois d’ailleurs parmi vous. La Cité Franche et la Couronne elfique ont des accords d’entraide dans la lutte contre la piraterie et d’échange d’informations en matière criminelle. Bien que les elenions aient une attitude publique réservée et retenue, en coulisse il n’est pas rare de voir leurs diplomates – en particulier melessë – faire office d’intermédiaire ou de médiateur.

Les îles Éoliennes


» Les îles Éoliennes sont un concept géographique plus qu’une nation. Il n’y a pas d’autorité centrale, seulement une multitude d’accords avec des manufactures, des monastères, etc. Les ressortissants du pays de mes parents agissent à titre personnel ou pour le groupe auquel ils appartiennent, presque jamais pour un pays. Les siècles de négociations et de petits traités avec tel ou tel groupement forment aujourd’hui un dédale juridique dont l’entrelacs peut aboutir à des situations absurdes.

» Je connais ainsi le cas d’un jeune homme qui avait emprunté à un usurier des îles Éolienne ; ne parvenant pas à se faire rembourser, ce dernier parvint à retrouver une obscure clause qui lui permettait au besoin de se faire dédommager en prélevant une livre de chair – oui ! – de son débiteur ! Rassurez-vous, l’affaire s’est résolue heureusement. L’avocat adverse fit remarquer que la clause n’autorisait pas de prélever de sang au débiteur, de sorte que l’usurier devait trouver une solution pour prendre la viande sans le sang – c’est n’importe quoi, vous en conviendrez. Au final, cette affaire s’est soldée par un accord à l’amiable : réduction de la dette, et remboursement consécutif.

Les îles Barbaresques


» Les îles Barbaresques sont un repaire de pirates. De cela, tout le monde est au courant. Vous ignorez néanmoins peut-être que certains sont devenus corsaires pour la Cité Franche, ou que d’autres cherchent à devenir de respectables roitelets d’une île. Ces anciens forbans se plaisent à venir dans les salons des armateurs et marchands au long cours de notre ville. L’assurance affichée de leur honnêteté ne doit pas toujours être prise pour argent comptant. Certains sont assurément en lien avec les guildes de voleurs et des marchands douteux.

» N’oubliez pas que les pirates sont avant tout des marins : ils n’ont souvent pas de difficulté à se prétendre simples baroudeurs. Ils viennent dans la Cité Franche pour blanchir leur butin, le revendant avec l’aide de complices. Certaines marchandises que vous verrez en ville ont en réalité été conquises dans le sang et sont revendues alors que les armateurs des navires pillés sont ruinés.

» Si les pirates viennent ici pour leurs affaires, ils le font aussi pour régler leurs comptes loin de leur société. Les faits divers des quartiers des ports sont nourris de vengeance après des partages inéquitables ou une trahison.

» Il arrive aussi qu’un puissant flibustier soit secrètement invité pour sceller un accord avantageux qui l’incitera à devenir corsaire pour la Cité Franche ; ou bien pour obtenir une amnistie aux termes de laquelle il renoncera à attaquer les navires de nos marchands.

» Nous espérons pouvoir petit à petit, tantôt par la lutte, tantôt la négociation, pouvoir réduire la nuisance que représentent ces bandits.

Le nord du Cyfandir


» Le nord du Cyfandir est partagé entre trois territoires : la Lothrienne, l’Arolavie et le Septentrion. Les limites de ce dernier sont très floues et on peut admettre que le nord du Kaan en fait partie. Pourquoi me demanderez-vous ? Parce que les environnements sont sensiblement les mêmes, que les tribus ont globalement le même mode de vie, et que nous en savons au final tout aussi peu sur l’un et l’autre.

» Du Septentrion, vous n’aurez sans doute à faire que ponctuellement à des marins à bord de drakkars – il paraît que c’est un des rares navires à supporter la prise des glaces sur la mer en hiver. Ils alternent entre piraterie et commerce, dans des proportions que je n’ai jamais su distinguer. Veuillez me pardonner, je suis partial, j’ai de mauvais souvenirs des déprédations de certains d’entre eux quand je m’étais rendu chez un cousin dans les Fjordkungden – les fjords de l’ouest des Drakenbergen.

» La Lothrienne est coincée entre de turbulents voisins barbares du Septentrion et les reliefs des Drakenbergen. Ils ont surtout affaire avec leurs propres problèmes, avec une dynastie qui peine à asseoir son autorité face à une féodalité puissantes et une Église de l’étoile omniprésente. Si cela ne suffisait pas, la monnaie de ce pays ne vaut pratiquement rien selon les standards de la Steinbank, et leur pays est une zone de magie faible permanente. Actuellement, dans la Cité Franche, seuls certains historiens, arcanistes et clercs s’intéressent vraiment à cette contrée en entretenant des liens réguliers avec elle.

» Il y a quelques années, je vous aurais tenu le même discours sur l’Arolavie. Ce pays couvert de forêts et dirigé par la dynastie des karalievae est de tradition druidique, avec de fréquents conflits avec la Lothrienne qui a banni ces cultes. Outre ces petites guerres frontalières, l’Arolavie fut victime de tentatives de conquête de Kartaçöl – une puissance montante du Kaan avec laquelle il faut désormais compter. La grande ville portuaire de Moromiek avait été prise, et occupée plusieurs années. Je me rappelle du moment où nous discutions avec des collègues de la disparition pure et simple de l’Arolavie en tant que pays indépendant. Les karalievae ont su organiser la résistance et reprendre leurs terres. La défaite fut rude pour Kartaçöl, tant militairement que moralement. C’était pour eux une blessure dans leur orgueil impérial d’être vaincu de la sorte. Le conflit se poursuit, pour l’instant surtout sur mer, mais également par voie d’intrigues. Nous voyons désormais de plus en plus de ressortissants d’Arolavie dans la Cité Franche, et je peux vous assurer qu’ils ne sont pas tous d’innocents marchands venus seulement pour les affaires. Je ne suis pas devin, j’ignore ce qui adviendra, mais je ne pense pas me tromper en disant que des choses importantes se préparent.

Les Drakenbergen


» La Cité Franche entretient des liens forts avec les Drakenbergen, mais ce territoire est un patchwork politique : petits royaumes centrés sur un fjord, cités-états marchandes, clans nains, vallées pratiquement inhabitées… C’est peu de dire que le panorama est complexe.

» Nous profitons des grandes routes surveillées et entretenues avec soin par les principaux clans dvaergen. Pour rappel nos principaux alliés du sud sont les Stalfelt alias Champ-dacier, et les Kunstolth alias Fierart.

» Il est heureux que ces clans soient stables et ne soient pas confrontés comme d’autres à de graves menaces de l’Inframonde. Nous dépendons aujourd’hui presque entièrement d’eux pour assurer la défense de la Cité Franche. Le système des échanges marchands est également intriqué avec celui de la steinbank. Que – par exemple – le Chancre frappe, et les troupes dvaergen devront retourner défendre leurs cités, laissant la nôtre avec uniquement la garde vigente pour sa protection. » Dans l’ensemble, il est rare que les problèmes des Drakenbergen viennent jusqu’à nous. On ne dépasse guère l’événement isolé. Cela n’enlève rien à leur aspect dramatique. J’ai ainsi vécu en 127 le passage de toute un groupe de dragons rouges destructeur ; et en 230, nous avons eu un hiver exceptionnel, marqué par les ravages d’un dragon blanc vénérable dans la région. Aujourd’hui ces crises sont oubliées de la plupart des gens, mais à l’époque, je vous assure que nous croyions notre dernière heure arrivée !

La Cyrillane


» Depuis les débuts de la République, notre relation avec la Cyrillane est complexe. Pas moins de quatre impératrices et empereurs menèrent des guerres de reconquêtes, dont une donna lieu à un blocus du port de la Cité Franche. À cela s’ajoutent des harcèlements de corsaires et des actions de déstabilisation en sous-main. Nous reparlerons plus en détail de ces événements.

» La chute de la dynastie des Kadméïdes en 330 est un bouleversement majeur. Tout l’équilibre de la région est désormais menacé. Kartaçöl pose ses pions ; Ghardat tente de contrer son vieil ennemi ; l’Arolavie cherche à ne pas se laisser déborder par la situation. Pendant ce temps, des groupes loyalistes résistent par endroit tandis que les fanatiques nihiliens conquièrent de vastes territoires et poussent à la fuite tous ceux qui n’adhèrent pas à leur culte rigoriste du « Libérateur » – vous vous rappelez bien tous que c’est l’un des surnoms de Tamerakh divinisé ? Le Destructeur, la Tempête, le Libérateur.

» Ce que l’on appelle désormais le quartier cyrillan est le résultat de l’arrivée massive des réfugiés. Ils ont profité dans un premier temps des réseaux de solidarité familiaux et d’affaires. Tel marchand déjà installé aidait des proches, et les amis de ses proches, puis les amis des amis… Les habitations ont rapidement été remplies, pour ne pas dire surpeuplées, et le bidonville de la Bourbasse abrite désormais beaucoup de cyrillans.

» La Cité Franche a une longue tradition d’accueil, mais elle n’a jamais encore fait face à une arrivée si massive de populations désemparées. Même si nous ne sommes pas directement sur le champ de bataille, nous sommes confrontés à une crise historique qui nous met face à nos responsabilités. Tant que la Cyrillane est en proie à la violence, le problème ne s’éteindra pas. La politique habituelle de neutralité prudente de la Cité Franche trouve ici ses limites.

» Nous vivons une époque difficile, mais passionnante. Notre ville prospère alors que deux grands bidonvilles grandissent en son sein. Les nihiliens qui ont joué un rôle déterminant dans la chute des Kadméïdes envoient désormais des agents ici. Les inégalités, les injustices et la misère devant lesquelles nous détournons les yeux sont le terreau sur lequel la colère croît. Les royaumes des Sables et le Kaan

» Nos relations avec les royaumes des Sables et le Kaan sont compliquées et très fluctuantes. Chaque cité-état mène sa propre politique, qui change au minimum à chaque nouveau règne. Les mers qui nous séparent n’empêchent pas les conflits, mais les limitent parfois au harcèlement de corsaires et pirates.

» Le développement de Ghardat pourrait modifier cette tendance. Aujourd’hui cette thalassocratie contrôle une part croissante du commerce, cherchant tantôt des alliés, tantôt des vassaux. Elle se décide en fonction de la force de son interlocuteur. Certains pensent qu’il faudrait se méfier davantage des autorités du quartier de Ghardat dans notre ville et de leur manière de s’immiscer dans nos affaires. Pour ma part, je pense que ce pays a bien plus à faire avec son véritable ennemi : l’empire de Kartaçöl.

» S’étendant dans le Kaan, il a renoncé aux anciennes rivalités tribales et claniques des belliqueux nomades. Il s’appuie sur une organisation hiérarchique stricte et une armée professionnelle. Beaucoup s’attendent à ce que le Vieux Kaan finisse par passer sous la coupe de Kartaçöl, mais la steppe n’a jamais été unie que par des guerriers inspirés, alors que nous réserve l’avenir ? Ces champs de bataille paraissent bien lointains, en subirons-nous ici les échos ?

» Nous sommes les témoins à la neutralité prudente de la lutte entre ces deux puissances montantes. Faut-il craindre une menace à la stabilité de la Cité Franche ? Rappelez-vous la chute de la Cyrillane : aucun empire n’est éternel.

» Notre futur s’écrit aujourd’hui, par nos décisions et nos actions. » 



Carte du monde connu des habitants de la Cité Franche, par Ann&Seb


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DRAGONS : Précommande ouverte jusqu'à Noël

Avez-vous loupé le Kickstarter de l’été dernier ? Jusqu’à Noël, profitez d’une précommande spéciale qui vous donne accès aux contreparties et options proposées à cette occasion.

Pour ceux qui ont acheté leur livre en convention, c’est aussi le moment de récupérer une copie du Grimoire, en édition standard, Dragon rouge, ou Grand Ver !

Attention, vu la période de l’année, nous ne pouvons pas garantir une livraison avant Noël.

Pour participer, suivez ce lien.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Cité Franche (1)

Trop longtemps sans poste sur le blog ! En coulisse le travail bat son plein avec des illustrations, des relectures et reprises intensives de textes. Nous préparons beaucoup de choses et nous espérons qu'elles vous plairont ! En parallèle, un sujet de forum a été ouvert pour recueillir vos questions et tout ce que vous aimeriez lire sur ce blog. N'hésitez pas à faire part de vos souhaits ici ! Ayant vu plusieurs demandes relatives à la Cité Franche, je vous propose une petite série à propos de cette ville emblématique.


Geeranhuggen le vénérable gnome s’était installé sur la chaire pour entamer sa leçon inaugurale du séminaire « Cité Franche : des racines profondes pour un avenir de premier plan ». Ses élèves ne savaient pas encore comment aborder ce cours d’histoire ni que penser de leur enseignant. Il semblait bien avoir l’âge de la République ! Sans doute avait-il été témoin personnellement de la plupart des événements en tant qu’archiviste, chroniqueur et historien. En guise de référence bibliographique pour son cours, les élèves avaient été invités à consulter en bibliothèque les 20 volumes de Chroniques patientes de la Cité Franche. Qui parmi les étudiants avait bien pu prendre une telle recommandation au sérieux ? Sans doute personne. Il allait être temps de prendre des notes, en espérant que ces propos préliminaires suffiraient pour saisir les enjeux.

 Ainsi commençait une leçon, évoquant successivement l'ère des Voyageurs qui s'achevait par leur chute ; l'ère du Renouveau dominée par les elfes, s'achevant par la guerre de l'Aube et l'exil vers Ellerina ;  l'ère des Rois destinés, s'achevant par l'ascension divine de Tamerakh et Xonim. En -980 selon le calendrier de la Cité Franche débutait l'ère des nouveaux royaumes qui s'achevait, toujours selon ce même calendrier, par l'instauration de la république franque après la mort tragique d'Alexis III Drae. La Cité Franche ne porte d'ailleurs ce nom que depuis la république.

Les nouveaux royaumes


« L’empire de Tamerakh fut divisé en provinces, chacune contrôlée par un gouverneur nommé par le conquérant en personne. Au moment de l’ascension divine, les personnages les plus importants de tout l’empire avaient été conviés à sa capitale, dans l’est du vieux Kaan. D’après la légende, aucun n’en revint et ils moururent tous, comme sa population, et tous les prisonniers de guerre réduits à l’esclavage. Un tel carnage défit tout ce que nous pouvons imaginer.

» Il ne demeura dans les provinces impériales que les subalternes, et quelques gouverneurs assez prudents pour se faire porter pâle et envoyer leurs seconds à leur place. La Resgrande Riporte faisait partie de la province de Barruna qui couvre approximativement le territoire terrestre actuellement sous le contrôle de la Cité Franche, mais la décision avait été prise de placer la capitale à Malachaï, dans les reliefs de Histe. Le royaume de Barruna » Après la chute de l’empire de Tamerakh, le Barruna devint un royaume et le gouverneur se proclama roi. Il régna une vingtaine d’année, mais échoua à assurer la stabilité de sa dynastie dans le temps. Son successeur fut renversé par la cheffe de la résistance, Sheena la halfeline. Elle fondit un nouveau royaume, dont la capitale était la Resgrande Riporte.

» Ce nouveau royaume prit le nom de Ouestrie – une traduction transparente du terme kaani Barruna ! Il n’a pas su s’établir dans la durée, mais les grands principes qui ont présidé à sa création ont en revanche marqué l’histoire. Liberté, force d’âme, esprit d’initiative, égalité, mérité : nous avons là les germes de la République à venir. Cette royauté était d’ailleurs élective. Ses dirigeants hélas manquaient de sens stratégique.

» La Cyrillane su en tirer profit. Une habile politique matrimoniale et d’alliance, couplée à une politique de puissance à long terme leur permirent de prendre le contrôle du royaume de Ouestrie. Une dynastie de souverains vassaux mi-ouestriens, mi-cyrillans, les Drae, régna pendant l’essentiel de la période précédant l’instauration de la République. Pratiquement tous les vestiges royaux que vous pourriez croiser datent de cette époque. De même, les familles qui affichent aujourd’hui encore un titre de noblesse, l’ont acquis sous les Drae.

» La Resgrande Riporte a considérablement grandi sous leur règne, pour prendre peu à peu le visage que vous lui connaissez. Ils ont inauguré la cathédrale de Flore et Givreuse et le grand sanctuaire de Forgeron. L’abandon de la vieille nécropole au profit du Cimetière de la Plaine est également de leur fait ; l’installation de la Steinbank aussi.

» En dépit de forces indéniables, le royaume souffrait de défauts qui précipitèrent sa perte. Les familles guildiennes en particulier étaient insatisfaites de la politique fiscale imposée indirectement par le trône cyrillan. La révolution à venir se nourrissait à la fois du ressentiment d’être un pays vassal, de la pression économique, du souvenir des idéaux ayant mené à renverser le royaume de Barruna, et de la relative faiblesse de la Cyrillane alors prise dans une tentative malheureuse de conquérir le royaume de Ghardat.

» L’ultime facteur déclenchant fut un concours de circonstances, une suite d’accidents et de décès tragiques qui menèrent sur le trône Alexis III, un jeune souverain généreux, mais qui mesurait mal la succession d’événements qu’il allait déclencher. Soucieux du bien-être de son peuple, il décida de plaider sa cause auprès de l’empereur, en se rendant en personne à Kratéïra avec une délégation guildienne.

» Il existe plusieurs versions, contradictoires, des événements. Toujours est-il qu’Alexis III Drae mourut au cours du voyage – de maladie ou d’un empoisonnement –, et que certains guildiens furent arrêtés et exécutés pour sédition. Pour l’anecdote, la guilde d’especiel, qui contrôle le commerce des épices, et la guilde des alchimistes sont encore soupçonnées par certains d’avoir assassiné alors le souverain pour provoquer une révolte contre la Cyrillane et obtenir l’indépendance.

» La population assemblée dans l’ancien palais vota solennellement pour l’établissement de la République. Une époque venait de s’achever »

Portrait d'Alexis III Drae par le peintre officiel de la cour, le vénérable Gawain

Au cinquième rang en partant du fond


Un trio de bavard au cinquième rang en partant du fond s’était inscrit à ce séminaire davantage par amour des légendes et des trésors que par goût d’une histoire formelle :
« Tu as entendu parler des généraux rebelles ?
– C’est quoi ?
– Des chefs de compagnie qui n’étaient pas d’accord avec le partage du butin. Alors il paraît qu’ils ont déserté, mais comme ils étaient forcément poursuivis pour être massacrés, genre tu vois crucifiés, émasculés et éviscérés avant d’être brûlés, eh bien ils sont partis se cacher.
– Où ça ?
– Paraît qu’il y en a eu dans les Drakenbergen, dans certaines vallées, et aussi dans la Méandrise et la Taurëlma. Ils sont partis avec les morceaux de trésor qu’ils pouvaient emporter, et puis ils sont morts.
– Comment ?
– Ceux qui étaient dans la Taurëlma se sont sûrement faits tuer par les elfes. Mais ils auraient peut-être pu aussi se cacher dans l’Inframonde ou de vieilles cités naines ? »

Questions / Réponses


"Quel est le niveau d'éducation à la Cité Franche et aux alentours ? "


 La Cité Franche est cultivée et cosmopolite, une ville depuis laquelle des expéditions maritimes partent compléter les blancs des cartes. On y a croisé des personnes de toutes origines, de tout peuple et de toute civilisation. Si tout le monde ne sait pas forcément lire, c'est tout de même une compétence assez fréquente, et beaucoup d'offres d'emploi sont signalées par des affiches sur des panneaux dédiés.

"Y'a-t-il un Ateak dans la Cité Franche ou dans les alentours ?"


Des rumeurs en font état, mais il n'y a pas grand-chose de solide à se mettre sous la dent pour le confirmer. On dit même que des gens perdent la raison à force d'en chercher un ! On dit aussi que les Ateaks seraient cachés dans des zones de magie faible. On assure que des auberges de la campagne font leur beurre avec des quasi circuits touristiques de curieux qui se rendent dans les lieux où peut-être quelqu'un aurait eu une piste évoquant un Ateak.


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