Comprendre les guenaudes

Vous avez déjà eu l'occasion d'en apprendre un peu sur les guenaudes vertes et celles des mers, notamment au travers de l'appartenance des premières aux cours féeriques d'Automne. Comme la saison s'y prête, voici de quoi nourrir vos histoires de sorcières ! 

Si elles paraissent souvent sous la forme de vieilles femmes dans les contes, les guenaudes peuvent aussi avoir un aspect masculin – on parle alors de guenaud. Beaucoup décrivent ces êtres comme maléfiques, et ils le sont par certains aspects, mais cela ne les empêche pas d’obéir au même rigoureux code d’honneur que les autres fées. 

Le sens profond de la vieillesse décatie 



Ces êtres sont les représentants par excellence de la cour d’automne, celle qui veille quand la foule des êtres féeriques de la belle saison sommeillent. La vieillesse et la laideur des guenauds et guenaudes sont l’expression de la décomposition et de la mort apparente de la nature durant le règne de leur cour féerique. Par leur ironie mordante et leurs sarcasmes, les guenaudes rappellent volontiers aux héros le destin qui les attend : la mort au combat, ou bien la lente décrépitude du grand âge. Elles se moquent des guerriers qui se croient sans peur parce qu’ils affrontent un dragon, et tremblent de dégoût en imaginant la libido de vieilles sorcières édentées. Elles-mêmes immortelles et coriaces, elles traversent les siècles en trouvant des loisirs – qui n’amusent parfois qu’elles. Érudites, elles savent généralement pourquoi elles ont une apparence qui repousse tant les mortels, et en jouent parfois dans des énigmes ou des devinettes, pour tester la sagesse et le bon sens d’aventuriers venus demander leur aide. 

Les ultimes guetteurs 


Malaimées et railleuses, les guenaudes vivent fréquemment en marge, dans des lieux difficiles d’accès et dangereux. Cela ne les empêche pas de se tenir informées par l’entremise de leurs serviteurs ou l’usage de divination. Lors des pires crises frappant la communauté féerique, les guenaudes révèlent leur ténacité et leur ingéniosité. Dans ces moments, les fragiles membres de la cour de printemps se mettent en sommeil, cédant la place aux guenaudes. Sinistres, elles paraissent déterminées à terrifier la peur elle-même, et ne se laissent pas décourager par des situations paraissant désespérées. Quand les bois sont envahis par les ettercaps ou infestés par une hydre, elles sont ainsi les dernières fées à demeurer et offrir un refuge pour le moins inquiétant aux aventuriers. 

Les jolies filles des guenaudes


Les guenaudes sont connues pour jouer à séduire des aventuriers, par le biais d’illusion, parfois de chantage ou d’accords étranges. De ces unions, pas toujours pleinement consenties ni appréciées, naissent pourtant des fillettes ravissantes, de sang sidhe. Elles sont aussi belles que leur mère est laide. Il naît aussi des garçonnets adorables, mais les contes en sont moins friands et les évoquent moins souvent. Qu’en est-il des enfants des guenauds ? Lorsqu’ils s’unissent à une mortelle, l’issue de la relation détermine souvent l’apparence de l’enfant. Si le guenaud se sent trahi ou vexé, il peut le maudire, de sorte qu’il naisse difforme et laid. Au contraire, si le guenaud est heureux, il peut bénir l’enfant qui pourrait être d’une grande beauté. Il paraît d’ailleurs qu’un enfant de guenaud souffrant d’une extrême hideur pourrait en être libéré en retrouvant son vrai père et en s’en faisant reconnaître. 

Maison biscornue 


Les guenaudes soignent leur intérieur, chacune paraissant déterminée à avoir la demeure la plus extravagante, la plus bizarre, la plus extraordinaire : murs en pain d’épice, four pour faire rôtir les enfants, véranda en toile d’araignée, maisonnette juchée sur des pattes de poulet et se déplaçant dans les bois… Les possessions des guenaudes sont tout aussi extravagantes. Elles sont entourées d’un bric-à-brac des plus surprenant, comprenant autant de camelote que d’objets dangereux ou bénéfiques – parfois les deux. Elles sont portées à faire des cadeaux aux gens qu’elles apprécient, avec des critères différents pour chacune, mais elles peuvent aussi faire des cadeaux empoisonnés ou à double-tranchant. 

Les serviteurs des guenaudes 


Les guenaudes prennent volontiers des serviteurs dans leur demeure, régnant sur une cour étrange et composite : feux follets, gobelins, farfadets, dryade, enfants humains, bûcherons asservis… Elles ont aussi souvent une basse-cour bien remplie. Il ne s’agit pas toujours de véritables animaux : certains – parfois tous – sont des mortels transformés, risquant parfois de finir en plats pour les invités. 



Une guenaude noueuse, par Gawain


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Les villes du Kaan

Tandis que les ouvrages de la gamme se complètent peu à peu, des membres de la communauté s'interrogent des certains aspects qu'ils souhaitent mettre au premier plan dans leur campagne, comme ici. L'une des questions porte sur le Kaan et la ville de Khaalgany qui apparaît sur la carte du monde.

Nomades et sédentaires


Les nomades éleveurs et guerriers formaient le gros des troupes de la première grande horde de Tamerakh -- le merosi appelé à devenir dieu. Pour les peuples du Cyfandir, le choc fut terrible et marqua durablement l'imaginaire à propos du Kaan, en particulier la culture des peuples conquérants. Ils étaient des barbares frustes, brutaux, sanguinaires, incapables de développer science ou art, et bien sûr de bâtir des villes.

S'il est vrai que dans la steppe, les villes sont rares, il existe de petits centres près de sources ou de grandes tombes à tumulus ou de ressources en bois. Le nomadisme complet est surtout le fait des habitants du cœur de la steppe ; en revanche sitôt qu'on va vers les bords de ce territoire, on rencontre des communautés de bergers qui vivent dans des villages durant l'hiver et vont sur les pâturages en été.

En bordure de la steppe, on trouve des villes bâties en pierres -- près des montagnes -- ou en brique crue. Khaalgany est l'une d'elle. Avec ses ziggourats et ses grandes portes, elle était autrefois une cité-état d'une culture antique, et avec les autres cités de la côtes du Kaan, elle fut l'une des premières victimes des conquêtes de Tamerakh.

Bien que de culture nomade, Tamerakh s'adaptait vite et il concentra les trésors de ses conquêtes dans sa capitale, à l'est, près des montagne. D'après les légendes, il s'agissait d'une cité fastueuse, magnifique, extraordinaire. Plus personne n'est en mesure d'en témoigner : la ville est désormais une ruine hantée et maudite dont on ne revient pas.

Khaalgany l'actuelle capitale du Kaan a certes une saveur impériale décadente, mais elle est bel et bien une ville de briques. Cependant, certains pourraient aussi dire qu'elle n'est une capitale que par le titre, car les hordes se forment toujours dans la steppe, quand un chef se distingue et paraît auréolé de la bénédiction de Tamerakh. Beaucoup de hordes de l'histoire furent éphémères et ne dépassèrent pas les frontières du Kaan, s'effondrant sous le coup de luttes internes. Les notables de Khaalgany comptent sur elles pour maintenir leur pouvoir, mais gare à eux s'ils ne savent pas reconnaître leur nouveau maître à temps !




La Horde avant la bataille, par Gawain


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Bullevases des îles éoliennes

La bullevase est une vase qui peut prendre un aspect similaire à celui d’une bulle de savon, volant ou flottant dans l’air. Ce terme désigne l’ensemble d’une famille de créatures allant des minuscules bullevasettes aux immenses bullevases prismatiques. Ces créatures sont assez communes dans les îles Éoliennes, dont elle constitue à la fois un danger unique et un charme typique. Les bulles sont en effet très esthétiques, avec une surface aux couleurs acidulées et aux reflets irisés.

L’origine des bullevases 


Plusieurs théories ont cours quant à l’origine des vases. Concernant les bullevases, certains prétendent qu’elles seraient originaires d’un monde lointain, dénommé parfois Nébuleuse incertaine dans les spéculations d’érudits. Il s’agirait d’un monde de gaz épais, parsemé de roches légères dérivant dans des courants atmosphériques perpétuels. Là-bas, les vases seraient très communes et vivraient en flottant, se nourrissant de végétaux indigènes et d’autres proies insolites.

Mode de vie 


Les bullevases sont omnivores et ne rechignent pas à se nourrir de charognes ou de végétaux en décomposition. Quand elles trouvent à manger, elles s’étalent, prenant l’aspect d’une sorte de gelée ou de bave qui pulse très légèrement. Elles utilisent les gaz issus de la fermentation de leur repas pour se gonfler en bulles légères et voleter ainsi d’un lieu à un autre. Il leur suffit de faire osciller leur poids tout autour de leur centre gazeux pour s’orienter. Quand les courants d’air sont trop violents, la bullevase se laisse tomber et prend une apparence de gelée rampante. De petite taille, et essentiellement translucide, elle peut passer pour une traînée d’escargot ou autre substance assez anodine.

Quand elles s’apprêtent à se reproduire, les bullevases sont souvent prises de fringale, ce qui peut les pousser à des comportements agressifs, voire prédateurs. C’est aussi le cas en période de disette. Une bullevase peut demeurer en stase déshydratée pendant longtemps, et manger tout ce qui est à sa portée sitôt réhydratée.


 Une bullevase prismatique, par Gawain

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Les khans bénis de Tamerakh

Le terme khan désigne le commandant d’une Horde, un chef particulièrement charismatique qui emmène ses troupes de victoire en victoire, engloutissant les territoires sous son avancée irrésistible. Tout guerrier kaani a rêvé au moins un jour de devenir le chef exceptionnel qui reproduira la geste de Tamerakh la Tempête, tout à la fois Destructeur et Libérateur.

Les khans sont des combattants irréductibles, qui poussent ceux qui les suivent à se dépasser pour entrer dans la légende avec eux. Au Kaan, ce charisme et cette puissance sont le signe d’une bénédiction de Tamerakh qui reconnaît les qualités de son protégé.

Pour certains, le dieu est même véritablement présent en celui qui devient son avatar : une incarnation temporaire, bénissant le monde de sa présence et permettant à ses fidèles de vivre une épopée sacrée qui leur ouvre les portes de l’éternité. Pour ceux qui adhèrent à cette croyance, l’apparition d’un nouveau khan est une grande joie, car elle est, au-delà de la violence de la guerre, un message d’espoir et de renouveau. Le Destructeur est celui qui permet un nouveau monde, meilleur et plus libre, de naître sur les décombres de cendres fertiles.


Une khan orc par Gawain


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L'esclavage dans le monde d'Eana


Ayant reçu au fur et à mesure de la rédaction des textes du monde des questions régulières me sont venues à propos de l'esclavage et je me suis rendue compte que je n'avais pas posté de synthèse à ce propos sur le blog, alors voici un point sur un aspect sombre, mais comportant néanmoins certaines nuances. 

Aux yeux des habitants libéraux et humanistes de la Cité Franche, l’esclavage est une pratique intolérable autant que barbare. De nombreux peuples néanmoins le pratiquent sans guère d’état d’âme, mais presque toujours en suivant des règles strictes, dont le détail peut varier d’une tribu à l’autre.

Les causes de l'esclavage


Toutes les sociétés qui admettent l’esclavage ne le pratiquent pas de la même manière. Il peut être très ponctuel et encadré, ou encore massif avec une liberté totale pour les maîtres.

Les perdants d’une guerre. Les guerriers ennemis faits prisonniers et les populations conquises sont réduites en esclavage. Le sort de ces peuples dépend totalement du bon vouloir du conquérant. Dans le meilleur des cas, les esclaves sont progressivement affranchis et intégrés à la population victorieuse ; dans le pire des cas, ils sont exploités jusqu’à ce que mort s’ensuive, dans les mines, les champs, ou pour de grands travaux (constructions de canaux, édification d’un mausolée gigantesque, etc.).

Victime de piraterie. Bien des pirates s’enrichissent en capturant des villageois ou des passagers qu’ils revendent à des marchands peu scrupuleux. En théorie, personne ne devraient acheter d’esclaves ayant une telle origine, mais cette pratique est tolérée – voire encouragée dans certaines contrées.

Endettés jusqu’à se vendre. Quand un individu s’est tellement endetté qu’il n’est plus du tout possible pour lui de rembourser, il peut se vendre en tant qu’esclave. Dans les sociétés les plus hiérarchisées, il est possible de vendre un membre de sa famille placé sous son autorité (ses enfants le plus souvent). Il est possible que l’esclavage pour dette ne soit que temporaire. De manière générale, les esclaves pour dette sont souvent mieux traités et leur vie peut paraître encore assez normale. C’est le cas par exemple s’ils se sont vendus à une personne de leur village : ils continuent de rentrer chez eux pour manger et dormir.

Un châtiment. Dans les sociétés dépourvues de prison – comme tous les nomades notamment – l’esclavage temporaire ou à vie est une peine judiciaire. Elle est appliquée pour un large panel de délits et de crimes : dégradations, dégâts, vols avec circonstances atténuantes, insultes, diffamation, agression physique ou sexuelle. La victime – ou sa famille – est libre de prendre l’esclave à son service ou le vendre. Les sociétés sans prison qui ne pratiquent pas l’esclavage font à la place un usage très étendu des amendes, des châtiments corporels, du bannissement et de peines de mort « créatives » – censément dissuasive par leur caractère horrifique.

Naître esclave. Le statut des enfants d’esclave varie énormément d’un endroit à l’autre. Dans le cas le plus restrictif, on ne peut être libre qu’en ayant deux parents libres unis par un mariage reconnu. Cette pratique fait de certaines minorités des esclaves sur plusieurs générations – un peuple qui n’a plus rien à perdre. À l’opposé, la législation la plus libérale considère que l’esclavage est un statut personnel, non transmissible : les enfants nés d’un parent esclave restent des individus libres.

Les droits des esclaves 


Pour beaucoup d’habitants de la Cité Franche, l’esclave est réduit à l’état d’objet, de machine vivante, privé de toute dignité. Cette pratique de l’esclavage existe et elle s’illustre dans d’immenses plantations, mines et chantiers démesurés. Les victimes n’ont aucun droit et leur maître peut leur infliger à volonté les pires sévices, régnant par la terreur de sa cruauté et parfois l’espoir vague d’un affranchissement pour ses préférés.

En dehors de cette pratique extrême de l’esclavage de masse, il existe un esclavage plus modéré, pour ainsi dire de village, interdisant notamment aux maîtres toute action ou décision qui aboutirait à coup sûr à tuer ou mutiler l’esclave. Dans ces sociétés plus protectrices, l’esclave est certes en bas de la hiérarchie, mais il peut avoir son propre logement et il a le droit à avoir une famille dont il ne peut être séparé. En un sens, son statut n’est guère éloigné des serfs féodaux dont le statut est le plus restrictif.

La théorie et la pratique 


Le droit n’existe que s’il est appliqué. Une société pourrait bien être douce dans ses lois et brutale dans ses usages si personne ne se soucie de faire respecter les principes qui la dirigent. Il existe autant de maîtres bienveillants dans les sociétés admettant l’esclavage de masse, que de maîtres sadiques dans les tribus respectant théoriquement certains droits des esclaves. Du point de vue de ceux qui militent pour la dignité des victimes, le seul moyen de les protéger est l’abolition totale et généralisée de l’esclavage. Ces idéalistes se lèvent contre l’horreur des traitements inhumains à l’échelle de royaumes et d’empires entiers.



L'esclave évadé, par Gawain

Et pendant ce temps dans un autre monde...

Certains se demandent sans doute pourquoi il n'y pas eu le suivi habituel du blog depuis fin juillet et qu'il ne reprend qu'aujourd'hui, ou pourquoi je suis moins présente sur le forum. Il se trouve que j'ai déménagé et qu'il y a de la rénovation à faire (l'illustration est un clin d’œil à la situation). Je fais mon possible pour assurer les avancements sur la gamme qui sont de mon ressort et les réponses aux questions, mais actuellement cela va forcément un peu plus lentement que précédemment. Le retour à la normale est progressif, mais le projet poursuit son chemin !

En avant !

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Le glossaire de traduction de Dragons

Nous avions mis précédemment le glossaire de traduction de Dragons à disposition des souscripteurs ; nous avons étendu l'accès à ce document qui vous permettra d'utiliser plus facilement des ressources anglophones en complément si vous le souhaitez :-)

Pour le télécharger, rendez-vous sur le portail Dragons ou directement ici.



Assortiment de diablotins ornementaux pour Grimoire, par Gawain


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