Les cycles de création et destruction

Le Kaan est marqué par des empires grandioses, dont la gloire n'est pas toujours proportionnelle à leur durée. Les philosophes merosis ont théorisé le sens de ces cycles de création et de destruction.

Tamerakh abattit les cités d’argile avant de se lancer à la conquête du reste du monde. D’anciens royaumes de l’ère des Rois destinés tombèrent dans l’oubli, éclipsés par sa gloire immortelle. Lui-même pourtant ne fut pas à l’origine d’une dynastie, car tous ses proches périrent au cours de la chute de Mangulik, la capitale sacrifiée. 

La révélation de l’apothéose du conquérant devenu dieu puis de sa mère Xonim fut à l’origine dans le Kaan d’une période mystique chaotique, dominée par des prêtres dont on dit qu’ils étaient parfois déments. Le pays était déchiré par les rivalités d’officiers de seconds rangs qui tentaient de tailler leur royaume dans l’empire décapité. L’ezen Tsunsny était un merosi, aussi bon combattant qu’administrateur rigoureux. Il rassembla une nouvelle armée et reconquit les cités d’argile qui avaient tenté de quitter l’empire. Il est resté dans l’histoire comme l’un des grands bâtisseurs du port de Khaalgany et comme un philosophe de premier plan. Il créa l’institution du nandinat. 

Chaque conquérant ezen nomme comme successeur un nandin c’est-à-dire « le sacré ». La fonction de ce dernier est de maintenir l’empire, le consolider et veiller à son harmonie. Chaque nandin nommera à son tour comme successeur un nandin. Un jour viendra où un nouvel ezen viendra de la steppe et renversera le nandin pour mettre en place un nouveau cycle de création et destruction – inspiré de l’œuvre de Tamerakh. 

Le Vieux Kaan devint l’empire des cycles éternels.

Première étape : Création 


Un ezen héroïque et inspiré rassemble une armée enthousiaste et vole de conquête en conquête, posant les fondements d’un nouvel empire et d’un nouveau cycle. Il libère le monde, le purifie et le régénère.

Deuxième étape : Consolidation


Le conquérant confie son empire à un nandin qui sera le fondateur d’une dynastie dont les dirigeants ont le devoir sacré de maintenir et renforcer l’empire. Chaque nandin à son tour nomme son successeur. Le but avec cette succession non nécessairement liée au sang, est que des nandins de toute espèce et toute tribu puissent régner. Au sein d’une même dynastie, on peut voir se succéder un nandin gobelin, puis un kobold, un humain, un orc, un merosi, etc. Il est licite de nommer héritier ses propres enfants, mais cette pratique est considérée avec suspicion comme un possible point de départ d’une période de décadence. Un nandin peut changer d’héritier désigné en cours de règne ; il peut aussi garder secret l’identité de l’héritier de son choix, dans un testament scellé par exemple. Il lui faut néanmoins toujours choisir un successeur, voire plusieurs (en cas de crise grave) dès son couronnement.

Troisième étape : Décadence


La décadence est un concept qui a beaucoup intéressé les philosophes kaani. 

Dame Khutga, une merosi qui appartenait à une dynastie nandins des Suvdeen (303–704), avait une vision très négative de cette phase de cycle. Princesse de fin de cycle, elle vécut dans l’opulence, avant de devoir fuir son pays dans des circonstances effroyables. Pour cette philosophe, la décadence est la volonté de perpétuer des habitudes inadaptées, qui n’ont plus raison d’être. Elle témoigne donc d’un aveuglement nostalgique doublé d’une forme de fatuité arrogante. Le décadent se complait dans un raffinement égocentré qui ne sert qu’à combler un vide existentiel, dans le déni de son incapacité à affronter la réalité d’un monde changeant. Il s’accroche en particulier à des privilèges qu’il n’a rien fait pour mériter et qui participent de l’aggravation de la situation globale. 

La poétesse Yulduz se situe à l’opposé de la position de Khutga. Provocatrice dans l’âme, elle affirme que la décadence est en réalité une phase d’affirmation de l’individu, libéré de la tutelle morale du collectif. Lors de cette phase, la liberté est véritable. Xonim, dame de la nuit, qui abandonna la prêtrise pour guider son fils vers la divinité – objectif grandiose mais totalement égoïste – serait une image de la vérité profonde de la décadence.

Quatrième étape : Destruction


Quand une société n’est plus capable d’évoluer harmonieusement avec le monde qui l’entoure et qu’elle se crispe sur des souvenirs d’une grandeur passée, le temps est venu pour elle d’être détruite par Tamerakh. L’armée guidée par un ezen inspiré est son instrument.


Pour les curieux souhaitant en savoir plus sur le Kaan : un article sur les tensions entre pays, centré sur Kartaçöl ; la folie et l'horreur des terres glacée du Grand Nord ; les cités d'argile ; les ulkani ; la horde ; une légende gobeline ; des rumeurs sur les hobgobelins de Shüd'delkhii ; la passion du dressage dans le Grand Kaan ; les styles de campagnes dans le Grand Kaan ; le peuple gobelours ; le peuple gobelin ; le peuple kobold.


Repaire d'un ezen en conquête, par Gawain


Pour aller plus loin...

◾ Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir une notification à la sortie d'un nouveau livre ou au lancement d'un prochain financement participatif : http://eepurl.com/bWdFyv
◾ Pour participer au forum ou au discord : https://forum.studio-agate.com/
◾ Pour nous parler sur discord 
◾ Pour connaître l'actualité du studio Agate en ce début 2020.

Le peuple kobold

Six espèces jouables seront décrites dans le premier Bestiaire. Après une présentation des peuples gobelours et gobelins, voici cette semaine un aperçu de la culture kobolde.

Les enfants de Zanar la schisteuse


D’après la légende kaani de l’origine des peuples, les kobolds sont les enfants de Zanar la schisteuse que certains décrivent comme une majestueuse et immense dragon femelle minérale. Les premières générations de kobolds seraient nées de ses nombreux œufs, déposés dans les grottes et cavernes proches de la surface. Après cela, Zanar serait allée dormir, quelque part dans l’Inframonde, sous des montagnes du Kaan. Les kobolds expliquent ainsi leur lien avec la pierre et le monde minéral. Aujourd’hui encore, chaque galerie creusée par les mineurs kobolds fait l’objet de célébrations religieuses en l’honneur de leur mère originelle.

Les beaux rêves de Zanar


Les kobolds sont très pieux, accomplissant de nombreux rites et priant souvent leur mère originelle. Il s’agit de la remercier et d’œuvrer pour qu’elle rêve le plus agréablement possible. Les séismes seraient provoqués par les cauchemars qui agitent parfois son sommeil. Par ailleurs, une tradition assez largement répandue assure que les kobolds défunts rejoignent une sorte de paradis constitué par les rêves de Zanar. Ainsi veiller sur le sommeil de la mère originelle protège les nombreux kobolds mineurs et assurent la félicité dans l’Au-delà de tous les ancêtres ! La culture kobolde, même influencée par les différents usages des régions où ils se trouvent, laisse toujours une grande part aux songes et au merveilleux. Les messages des rêves sont pris très au sérieux tandis que les artistes qui nourrissent l’imaginaire ont une fonction prestigieuse.
Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que le Cauchemar en tant qu’émanation chancreuse, soit considéré comme le Mal absolu. Détruire les rêves, au propre et au figuré, est un acte grave et méprisable, pouvant donner lieu au bannissement ou à des peines bien plus graves encore.

Aventuriers idéalistes


Portés par une tradition de rêveurs éveillés, les kobolds peuvent se montrer imprudents ou candides, mais aussi devenir des héros intrépides, prêts à se lancer dans des projets que d’autres considèrent impossibles. On trouve parfois dans une vallée perdue le début d’une fresque démesurée, commencée là sans raison apparente. C’est l’œuvre d’un kobold porté par une inspiration qui a pu durer toute sa vie. Les rêves des uns et des autres sont très variés, de sorte que certains partent pour de grands voyages, pour devenir rois, pour dialoguer avec des dragons millénaires, pour récolter un trésor sans pareil, etc. Réussir à accomplir totalement le rêve est secondaire dans la philosophie kobolde, l’essentiel est le chemin, qu’il soit en accord au quotidien avec les idéaux qui le portent.




Une chamane kobold par Gawain


--

Pour aller plus loin...

◾ Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir une notification à la sortie d'un nouveau livre ou au lancement d'un prochain financement participatif : http://eepurl.com/bWdFyv
◾ Pour participer au forum ou au discord : https://forum.studio-agate.com/
◾ Pour nous parler sur discord 
◾ Pour connaître l'actualité du studio Agate en ce début 2020.

La colonie de Boréïa

Vu de la Cité Franche, le Septentrion est un territoire désolé et inhabité. Pourtant la Cyrillane y a établi une colonie : la Boréïa. La capitale de Katafygia est un point de départ pour des aventures d'exploration : cartographier les terres, rencontrer les tribus, découvrir les ruines de la civilisation boréale ou des Géants d'antan. Il faudra aussi se confronter aux suppôts du princes démons Gegaôr la bête furieuse et de l'hospodar diaboliques Askinos le buveur de douleur.

L'établissement d'une colonie


Pendant des siècles, les tentatives pour établir des civilisations urbaines au nord du fleuve Asmandariya – frontière conventionnelle entre le Septentrion et le Kaan – échouèrent systématiquement.

Alors même qu’il faisait face à des tensions internes déjà fortes, l’empire cyrillan était déterminé à prouver sa grandeur intacte. Il entreprit de conquérir ces terres, concevant une mission de colonisation qui demeure encore aujourd’hui un succès. Hélas, ses coûts immenses furent peut-être l’une des causes de la chute de la dynastie Kadméïde.

Coupée de la mère patrie plongée dans une guerre civile, la Boréïa est de facto un pays indépendant dont la population doit désormais survivre par elle-même, sans espérer de renforts. Le général Atrée et sa légion doivent défendre leurs terres à la fois contre les géants du givre et les ambitions de Kartaçöl

Les temps forts de la colonisation de la Boréïa


Les dates ci-après sont indiquées dans le calendrier de la république de la Cité Franche : 

◾ 299. La compagnie d’aventuriers de la Flèche d’or explore les alentours du fleuve Uposkesio et le site de ce qui deviendra par la suite Katafygia. Il s’agit alors de cartographier la zone au maximum et d’identifier les ressources et les périls. 

◾ 301. À la suite de la présentation du rapport de la Flèche d’or, la colonisation de la Boréïa est décrétée. Elle commence par l’établissement de contingents limités, ici une vingtaine, là une cinquantaine. Ces premiers colons doivent confirmer la viabilité des sites pressentis. Pratiquement chaque année après la proclamation du décret de colonisation, des groupes de colons tentent leur chance. Certains camps sont détruits par des géants de givre, d’autres ne passent pas l’hiver ; certaines populations enfin disparaissent sans explication. 

◾ 316. Les résultats mitigés des premières expériences de colonisation ne découragent pas l’empire et l’incitent au contraire à employer les grands moyens. Le général Atrée et la 8e légion sont appelés à stationner de manière permanente dans la colonie de la Boréïa. Leur mission est de consolider les frontières et de les étendre autant que possible, en s’appuyant sur un réseau de forts et de routes. Les 5 000 légionnaires sont soutenus par des cohortes civiles d’au moins 20 000 artisans, paysans et marchands. Ces colons reçoivent très facilement des terres qu’ils ont à charge de défricher et développer. Dans les années qui suivent, la population croît à mesure que des aventuriers et des familles viennent en quête d’une nouvelle vie.

◾ 331. Présent. La colonie n’a plus de contact avec la métropole en proie à une guerre civile suite à la chute de la dynastie Kadméïde.

Le territoire de la Boréïa


Dotée de frontières floues, la Boréïa s’étend chaque année davantage à partir la péninsule d’Evnoïka – un nom cyrillan évoquant la bonne fortune et une situation propice, censé porter bonheur aux colons. 

Katafygia


La capitale de la colonie est une ville portuaire construite avec rigueur, à l’allure de fort militaire. Les bateaux peuvent s’abriter des vents dans la baie et les solides défenses sont conçues pour faire face aux attaques de géants de givre ou de dragons blancs. Essentiellement construite en bois, la cité s’étend depuis la mer et le long du fleuve Uposkesio, jusqu’aux collines proches, dominée par Fort Anoigma, le premier fort de la colonie, où demeure le général Atrée. 

Fleuve Uposkesio


Nommé d’après un terme cyrillan évoquant une promesse ou une espérance, ce cours d’eau irrigue toute la colonie et sert d’axe principal pour l’exploration vers l’intérieur des terres. Il y a de nombreux hameaux, villages et forts à proximité de ses rives. Ses crues violentes au début du printemps génèrent d’importantes inondations, de sorte qu’on évite de construire autre chose que quelques bâtiments utilitaires près des flots. Autant que possible, on construit en hauteur et solidement pour pouvoir se défendre contre les dangers de l’hiver. 

Forts


Plusieurs forts de taille variable, parfois associés à des hameaux, sont construits dans la colonie, dans une logique d’expansion. Tous sont reliés par des routes carrossables. Des systèmes d’alarmes permettent de prévenir les forts voisins en cas de problème. 

Fermes fortifiées


Les colons les plus riches et les plus persévérants bâtissent des fermes, fortifiées dans la mesure des moyens disponibles. Ils s’installent dans une contrée encore largement sauvage, au plus proche des quelques populations natives de gobelours et d’aldarons. Ce faisant, ils sont livrés pratiquement à eux-mêmes quand l’hiver vient. Ceux qui survivent agrandissent leurs fermes, qui ressemblent progressivement à de petits châteaux. Avec le temps, leurs propriétaires formeront peut-être une nouvelle noblesse féodale… 



Vue de Katafygia, capitale de Boréïa, par Damna

◾ Pour en savoir plus sur le Septentrion : Les périls du grand nord .
◾ A propos de la Cyrillane : les inspiration pour cette civilisation ; à propos de Mégare de Cyrillane.
◾ Autour de la mer Ustalva : le Grand Jeu ; les dangers de la mer .


Vue des terres revendiquées par la colonie de Boréïa, extrait de la carte d'Eana par Ann&Seb


--

Pour aller plus loin...

◾ Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir une notification à la sortie d'un nouveau livre ou au lancement d'un prochain financement participatif : http://eepurl.com/bWdFyv
◾ Pour participer au forum ou au discord : https://forum.studio-agate.com/
◾ Pour nous parler sur discord 
◾ Pour connaître l'actualité du studio Agate en ce début 2020

Le peuple gobelin

Précédemment, vous avez pu apprendre comment on présentait les gobelins dans la Cité Franche. Aujourd'hui voici une vue d'ensemble du mode de vie et des origines de ce peuple.

Les enfants de Shavarlag l’argileuse verte


Les peuples gobelins se réclament de Shavarlag l’argileuse, la maîtresse de l’adaptation, toujours souple, malléable et dotée d’une puissance que beaucoup sous-estiment. Que ceux qui doutent de sa force tentent de traverser une étendue argileuse gorgée d’eau, ils s’enfonceront, sentiront leurs pieds aspirés sous la terre et lutteront jusqu’à l’épuisement pour s’échapper de ce piège. Shavarlag est par ailleurs une artisane talentueuse, assurant à ses enfants des réserves grâce aux pots de céramique et aux greniers. Pour les gobelins, la grande mère ancestrale se substitue parfois même à Façonneur dans les prières.

Les matriarches


Les lignées sont menées par des gobelines d’autant plus respectées qu’elles ont une progéniture nombreuse, leur rang dépendant de la quantité de leurs enfants et petits-enfants. Elles sont les aïeules vivantes de la communauté. Le conseil des mères est la plus haute institution : elles décident de l’avenir de la tribu, qu’il s’agisse de s’allier à d’autres, d’entrer au service d’un maître, de partir en guerre, de changer de territoire, etc.

Selon les dangers qui menacent la lignée, le conseil des mères peut avoir un rôle simplement d’avis et de rappel des traditions antiques, ou bien s’engager dans des manigances politiques complexes. Cette institution est respectée partout dans le Kaan. Tout le monde y sait que les mères peuvent jouer des apparences, sacrifier certains membres du groupe pour que la majorité survive, selon une morale assumée où la fin justifie les moyens. Elles sont rusées, menant parfois un double-jeu. Si quelqu’un a le malheur de croire les gobelines stupides, elles ne font rien pour le détromper, parlant par exemple délibérément mal, jusqu’au moment de récolter les fruits de leurs manœuvres.

L’adaptation extraordinaire des lignées gobelines


À l’image de l’argile, les gobelins s’adaptent à tout nouvel environnement. Cela se traduit notamment par leurs traits de lignées qui se modifient sitôt qu’une tribu vit assez longtemps dans un lieu. Il serait abusif de parler de sous-espèces car il suffit qu’une lignée déménage pour que les anciens traits inutiles s’effacent au profit de nouveaux, plus efficients. Les gobelins semblent les seuls à avoir une telle capacité d’adaptation à leur environnement.

Traits communs


La peau des gobelins est d’une couleur d’argile, tendant souvent entre le gris et le vert. Les gobelins sont imberbes et chauves, tandis que les gobelines arborent souvent d’épaisses chevelures autorisant des coiffures complexes et parfois extravagantes. Le costume des gobelins dépend beaucoup de leur statut dans la société. Au Kaan, ils portent volontiers des vêtements colorés, brodés avec goût de motifs évoquant les légendes et la nature. 

Lignée de marins du golfe de Tili


Cette lignée est constituée par les gobelins établis près de la mer, dans une région pleine de beauté, avec ses calanques, ses criques et ses petites îles rocheuses aux élégants pins parasols.

Lignée des terres sauvages


Cette lignée est typique des grands espaces du Kaan, où de nombreux gobelins mènent une vie mêlant élevage, culture maraîchère, cueillette et pêche. Elle est particulièrement commune du côté de la chaîne montagneuse de Telhika. Il s’agit du cœur historique des peuples gobelins, auxquels le Kaan doit, dit-on, le chant diaphonique.

Lignée citadine


Cette lignée est composée des gobelins installés dans les cités d’argile ou les grandes villes de Kartaçöl. Ses membres sont des marchands ou des artisans qui n’ont rien à envier aux ingénieux gnomes des roches.

Lignée des parias survivants


Cette lignée est formée des gobelins les plus misérables, contraints de survivre dans des circonstances difficiles en ne comptant que sur leur astuce et la solidarité du groupe. Plus solides que des cafards, ces gobelins plient peut-être l’échine, mais ils sauront se relever le moment venu avec une fulgurance que nul n’imagine. Survivants envers et contre tout, ils sont même capables de festoyer de mets qu’aucune autre espèce ne pourrait trouver appétissants, mais aucune importance ! Salade d’épluchures, ragoût de grenouilles farcies de limaces et autres brochettes de pattes d’araignée sont des délices. On trouve des parias survivants dans les recoins mal famés du Cyfandir, mais aussi dans le Kaan, spécialement dans la société impitoyable de Shüd’delkhii. 

L’existence des tribus parias du Cyfandir


Les descendants de troupes de Tamerakh subsistent au Cyfandir, à la surface et dans l’Inframonde. La plupart sont réduites à la survie dans des régions difficiles d’accès. Le mode de vie dans les lignées opprimées est fortement imprégné de cynisme et d’humour noir. Ainsi durant leur enfance, les petits gobelins y reçoivent généralement plusieurs surnoms, jusqu’à ce que l’un d’eux s’impose, considéré alors par consensus comme représentatif du personnage. Une fois parvenus à un degré de gloire et de puissance respectable, les héros gobelins font souvent abstraction de leurs précédents surnoms pour ne garder que le plus récent et glorieux. D’autres, au contraire, portent avec fierté les traces de leurs débuts, comme autant de cicatrices qui marquent leur épopée. Les prénoms des gobelins sont ainsi de bons indicateurs de leur histoire et de leur état d’esprit. 

Prénoms féminins d’enfance. Folâtre, Folcoche, Foldingue, Grinçante, Hargneuse, Ricanante, Rusée, Biquette, Chevreaute, Coconne, Bêtate, Crétine.
Prénoms féminins héroïques. Indomptable, Guerrière, Machiavélique, Magnifique, Géante, Tue-Loup, Abrasive, Sournoise, Survivante.
Prénoms masculins d’enfance. Bizut, Minus, Mordeur, Rikiki, Siffleur, Teigneux, Tordu, Bruti, Bêbête, Toqué, Soiffard.
Prénoms masculins héroïques. Casse-crâne, Surpuissant, Terrible, Vainqueur, Immortel, Rusé, Hob, Vicieux.

En dépit des chamailleries et de la rudesse du langage, ces groupes sont extrêmement soudés et leurs membres capables d’un courage stoïque remarquable. Les gobelins sont prêts à mourir en nombre au combat s’ils ont l’assurance que la lignée se poursuivra. Même si l’individu succombe injustement, le groupe survivra et connaîtra des jours meilleurs. L’espoir est une vertu cardinale, indispensable pour se dépasser quand tout paraît perdu d’avance.



Une bergère gobeline des abords des monts du Telhika, par Gawain


--

Pour aller plus loin...

◾ Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir une notification à la sortie d'un nouveau livre ou au lancement d'un prochain financement participatif : http://eepurl.com/bWdFyv
◾ Pour participer au forum ou au discord : https://forum.studio-agate.com/
◾ Pour nous parler sur discord 
◾ Pour connaître l'actualité du studio Agate en ce début 2020.

Le peuple gobelours

Ceux qui parmi vous suivent l'actualité des développements le savent déjà : de nouvelles espèces jouables vous seront prochainement présentées dans les ouvrages à venir. Parmi elle les gobelours. Dans la Cité Franche, on les imagine souvent comme des brutes décérébrées. La réalité, comme souvent, est plus nuancée.

Les enfants de Dîlketina l’humuse


D'après la légende, les gobelours sont les enfants de Dîlketina l’humuse, née de la terre noire. Elle est la fille des arbres millénaires des forêts primaires. C’est grâce à elle que s’élèvent les bois profonds et que les pluies nourricières atteignent les terres les plus éloignées des mers. Sage et riche de la connaissance du réseau des racines qui s’étendent, elle a la mémoire d’un passé oublié de tous tout en écoutant les nouvelles lointaines portées par les nuées. Les druides gobelours sont très réputés et fiers de leur héritage. 

Peuple de la taïga

Les gobelours sont surtout répandus dans la partie nord du continent kaani, avec une prédilection pour la vaste toundra qui descend jusqu’aux frontières de Kartaçöl. Ils sont à l’aise dans cet environnement, tout comme dans les bois de pins des montagnes ou proches de la steppe. Ils connaissent les plantes médicinales, chassent ou élèvent les rennes, et supportent mieux l’hiver que d’autres grâce à leur fourrure qui s’épaissit à partir du début de l’automne. Leur culture est orale, car ils estiment avoir plus à gagner à plonger dans la mémoire des arbres et des nuées qu’à méditer sur des archives mortes, gravées sur des tablettes. 

Une nouvelle destinée à Kartaçöl

Si la vie dans les terres sauvages en suivant des traditions immémoriales convient à beaucoup, la tentation de rejoindre l’empire de Kartaçöl, puissance montante, est grande pour certains. Là-bas, auprès des pâdis, ils peuvent servir le souverain sans être limités à des rôles prédestinés de guerriers ou de druides. Ils peuvent devenir magiciens ou lettrés, libres de choisir leur destinée. Pour les étrangers, découvrir des gobelours en tenue de cour est souvent déconcertant, mais c’est aussi une des raisons de la fascination qu’exerce Kartaçöl et pourquoi tant d’aventuriers de toutes origines s’y pressent. 

La face noire des gobelours déracinés


Loin de leur terre natale, descendants des conquérants de Tamerakh, les honorables et dignes gobelours ont souvent perdu leurs racines et leur identité. Considérés par beaucoup d'autres peuples comme laids et monstrueux, jugés à la seule impression sauvage que donne leur apparence massive et leur pelage, les gobelours ont un mode de vie marginal. Certains en jouent pour inspirer la terreur chez leurs ennemis mais cette apparence est surtout à l'origine de préjugés que bien peu arriveront à surpasser. Au Cyfandir par exemple, les gobelours passent pour des imbéciles et des parias. Dans leurs traditions, pour être adulte, un mâle doit avoir tué un ennemi tandis qu’une femelle doit avoir enfanté. Là où les guerriers mènent une vie de combats, de rapines et de conquêtes, les mères ont en charge d’assurer la vie de la communauté. Parmi elles, on trouve souvent une chamane et guérisseuse dévouée à Tamerakh ou bien à Façonneur. Il y a également les quêteuses qui ont pour mission de chercher des employeurs ou d’acheter des biens avec l’argent pillé par les guerriers. Parfois, elles se présentent aussi pour racketter des communautés en les sommant de verser un tribut si les habitants ne veulent pas finir dévorés dans les prochaines nuits. Les quêteuses s’exposent beaucoup, aussi bien aux étrangers qu’au mécontentement de leur communauté. Celles qui survivent longtemps à ce poste sont généralement de fort habiles négociatrices et ont l’intelligence de ne trahir et mentir qu’à bon escient.

Ce mode de vie précaire, dans lequel les seuls alliés sont les pillards de l’Inframonde et la pègre, ne convient pas à tous les gobelours du Cyfandir. Certains se dressent contre ces méthodes et veulent renouer avec la fierté de leurs ancêtres. Il ne s’agit pas d’être de doux agneaux, mais de déchaîner leurs forces pour les causes qui ont un sens pour eux ; ne plus être en marge, mais au cœur de la vie des peuples. 

Lignées gobelourses


Il existe deux grandes lignées gobelourses :

◾ Les gobelours tayganins peuplent les vastes taïgas septentrionales où se regroupe la plus forte concentration de leur population. Souvent isolés, voire reclus, ils se satisfont d’une existence fruste mais harmonieuse. La passion du voyage ne leur est cependant pas étrangère, et il n’est pas rare qu’un individu, voire une caravane entière, quitte ses contrées natales pour côtoyer le reste du monde.

◾ Les gobelours küstis sont connus pour leur habileté et leur ardeur au combat. La majeure partie des gobelours déracinés qui vivent ailleurs qu’au Kaan sont de la lignée küstisse. Plus grands et sveltes, avec une toison plus drue, ils sont les gobelours les plus connus. Si la réputation de brutalité et d’opportunisme qu’on leur prête n’est pas infondée, beaucoup aspirent simplement à tracer leur propre voie, ou tout bonnement à survivre.





Druidesse gobelourse, par Gawain


--

Pour aller plus loin...

◾ Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir une notification à la sortie d'un nouveau livre ou au lancement d'un prochain financement participatif : http://eepurl.com/bWdFyv
◾ Pour participer au forum ou au discord : https://forum.studio-agate.com/
◾ Pour nous parler sur discord 
◾ Pour connaître l'actualité du studio Agate en ce début 2020.

Les styles d'aventures dans le Grand Kaan

Le Grand Kaan le vaste territoire qui s'étend des sources de Manbalarer au sud, jusqu'à la banquise au nord. Cet article vous donne un aperçu des styles d'aventures envisageables que les aventuriers soient originaires de Cyrillane ou du Kaan.

Utiliser le Grand Kaan dans une campagne


En menant une campagne dans ces terres rudes, le meneur peut opter pour différents angles d’approche. Voici quelques pistes :

Des étrangers pleins de préjugés. Les aventuriers viennent du Cyfandir ou d’une autre contrée, et sont influencés par la légende noire de la horde. Ils connaissent le Kaan ou le Septentrion de loin, par les livres et des rumeurs ; ils viennent pour en apprendre plus sur la civilisation boréale ou les créations anciennes des Géants, à moins qu’ils n’aient à dévoiler des mystères sur l’épopée de Tamerakh. Découvrir les erreurs et les approximations de ce qu’ils croient savoir peut créer un rude choc. Les voilà dans une civilisation radicalement différente, marquée par la complexité des réseaux d’alliance, le sens tactiques de matriarches ou la profondeur de la réflexion des philosophes.

Colons. Les aventuriers viennent du Cyfandir pour commencer une nouvelle vie dans la partie nord du Kaan, à la limite du Septentrion, dans une colonie semblable à la Boréïa. Chaque village nouveau est une victoire, chaque découverte d’antique tumulus est une source d’inquiétude. L’aventure est orientée vers une exploration inquiète et la confrontation avec les populations semi-nomades et les géants de givre.

Conquérants. Une nouvelle horde se rassemble dans la steppe, elle s’apprête à conquérir les cités d’argiles du Kaan et s’élance pour fonder un empire qui sera au moins aussi vaste et puissant que celui du légendaire Tamerakh, le guerrier qui devint dieu.

Héritiers d’un monde ancien. Dans la lignée du genre sword and sorcery, les aventuriers vivent dans le Kaan et le Septentrion, connaissant des aventures dans les cités décadentes des côtes, explorant les ruines des empires éphémères dans la steppe et sur les rivages de fleuves fossiles, ou luttant contre des praticiens d’une sombre magie qui pourrait précipiter le monde dans l’horreur.

La gloire du roi des rois. Le maître de Kartaçöl attire de loin des aventuriers talentueux de toutes origines, désireux de pouvoir s’élever dans une société qui reconnaît leurs mérites avant toute chose. Servir l’empereur, c’est avoir l’occasion de mener de nombreuses aventures, explorant les terres sauvages pour étendre les terres sous sa domination ; négocier avec les tribus une vassalité équilibrée et juste ; mener des opérations d’espionnage et de sabotage dans des royaumes rivaux ; s’engager dans des missions diplomatiques et humanitaires améliorant l’image du pays ; soutenir les corsaires qui défendent ses eaux ; et bien d’autres encore !

Pour les curieux souhaitant en savoir plus sur le Kaan : un article sur les tensions entre pays, centré sur Kartaçöl ; la folie et l'horreur des terres glacée du Grand Nord ; les cités d'argile ; les ulkani ; la horde ; une légende gobeline ; des rumeurs sur les hobgobelins de Shüd'delkhii ; la passion du dressage dans le Grand Kaan.


Un griffon, noble monture du Kaan, par Gawain


Pour aller plus loin...

◾ Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir une notification à la sortie d'un nouveau livre ou au lancement d'un prochain financement participatif : http://eepurl.com/bWdFyv
◾ Pour participer au forum ou au discord : https://forum.studio-agate.com/
◾ Pour nous parler sur discord 
◾ Pour connaître l'actualité du studio Agate en ce début 2020.