Comprendre les guenaudes

vendredi, octobre 18, 2019 Iris 0 Comments

Vous avez déjà eu l'occasion d'en apprendre un peu sur les guenaudes vertes et celles des mers, notamment au travers de l'appartenance des premières aux cours féeriques d'Automne. Comme la saison s'y prête, voici de quoi nourrir vos histoires de sorcières ! 

Si elles paraissent souvent sous la forme de vieilles femmes dans les contes, les guenaudes peuvent aussi avoir un aspect masculin – on parle alors de guenaud. Beaucoup décrivent ces êtres comme maléfiques, et ils le sont par certains aspects, mais cela ne les empêche pas d’obéir au même rigoureux code d’honneur que les autres fées. 

Le sens profond de la vieillesse décatie 



Ces êtres sont les représentants par excellence de la cour d’automne, celle qui veille quand la foule des êtres féeriques de la belle saison sommeillent. La vieillesse et la laideur des guenauds et guenaudes sont l’expression de la décomposition et de la mort apparente de la nature durant le règne de leur cour féerique. Par leur ironie mordante et leurs sarcasmes, les guenaudes rappellent volontiers aux héros le destin qui les attend : la mort au combat, ou bien la lente décrépitude du grand âge. Elles se moquent des guerriers qui se croient sans peur parce qu’ils affrontent un dragon, et tremblent de dégoût en imaginant la libido de vieilles sorcières édentées. Elles-mêmes immortelles et coriaces, elles traversent les siècles en trouvant des loisirs – qui n’amusent parfois qu’elles. Érudites, elles savent généralement pourquoi elles ont une apparence qui repousse tant les mortels, et en jouent parfois dans des énigmes ou des devinettes, pour tester la sagesse et le bon sens d’aventuriers venus demander leur aide. 

Les ultimes guetteurs 


Malaimées et railleuses, les guenaudes vivent fréquemment en marge, dans des lieux difficiles d’accès et dangereux. Cela ne les empêche pas de se tenir informées par l’entremise de leurs serviteurs ou l’usage de divination. Lors des pires crises frappant la communauté féerique, les guenaudes révèlent leur ténacité et leur ingéniosité. Dans ces moments, les fragiles membres de la cour de printemps se mettent en sommeil, cédant la place aux guenaudes. Sinistres, elles paraissent déterminées à terrifier la peur elle-même, et ne se laissent pas décourager par des situations paraissant désespérées. Quand les bois sont envahis par les ettercaps ou infestés par une hydre, elles sont ainsi les dernières fées à demeurer et offrir un refuge pour le moins inquiétant aux aventuriers. 

Les jolies filles des guenaudes


Les guenaudes sont connues pour jouer à séduire des aventuriers, par le biais d’illusion, parfois de chantage ou d’accords étranges. De ces unions, pas toujours pleinement consenties ni appréciées, naissent pourtant des fillettes ravissantes, de sang sidhe. Elles sont aussi belles que leur mère est laide. Il naît aussi des garçonnets adorables, mais les contes en sont moins friands et les évoquent moins souvent. Qu’en est-il des enfants des guenauds ? Lorsqu’ils s’unissent à une mortelle, l’issue de la relation détermine souvent l’apparence de l’enfant. Si le guenaud se sent trahi ou vexé, il peut le maudire, de sorte qu’il naisse difforme et laid. Au contraire, si le guenaud est heureux, il peut bénir l’enfant qui pourrait être d’une grande beauté. Il paraît d’ailleurs qu’un enfant de guenaud souffrant d’une extrême hideur pourrait en être libéré en retrouvant son vrai père et en s’en faisant reconnaître. 

Maison biscornue 


Les guenaudes soignent leur intérieur, chacune paraissant déterminée à avoir la demeure la plus extravagante, la plus bizarre, la plus extraordinaire : murs en pain d’épice, four pour faire rôtir les enfants, véranda en toile d’araignée, maisonnette juchée sur des pattes de poulet et se déplaçant dans les bois… Les possessions des guenaudes sont tout aussi extravagantes. Elles sont entourées d’un bric-à-brac des plus surprenant, comprenant autant de camelote que d’objets dangereux ou bénéfiques – parfois les deux. Elles sont portées à faire des cadeaux aux gens qu’elles apprécient, avec des critères différents pour chacune, mais elles peuvent aussi faire des cadeaux empoisonnés ou à double-tranchant. 

Les serviteurs des guenaudes 


Les guenaudes prennent volontiers des serviteurs dans leur demeure, régnant sur une cour étrange et composite : feux follets, gobelins, farfadets, dryade, enfants humains, bûcherons asservis… Elles ont aussi souvent une basse-cour bien remplie. Il ne s’agit pas toujours de véritables animaux : certains – parfois tous – sont des mortels transformés, risquant parfois de finir en plats pour les invités. 



Une guenaude noueuse, par Gawain


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Les villes du Kaan

mardi, octobre 08, 2019 Iris 0 Comments

Tandis que les ouvrages de la gamme se complètent peu à peu, des membres de la communauté s'interrogent des certains aspects qu'ils souhaitent mettre au premier plan dans leur campagne, comme ici. L'une des questions porte sur le Kaan et la ville de Khaalgany qui apparaît sur la carte du monde.

Nomades et sédentaires


Les nomades éleveurs et guerriers formaient le gros des troupes de la première grande horde de Tamerakh -- le merosi appelé à devenir dieu. Pour les peuples du Cyfandir, le choc fut terrible et marqua durablement l'imaginaire à propos du Kaan, en particulier la culture des peuples conquérants. Ils étaient des barbares frustes, brutaux, sanguinaires, incapables de développer science ou art, et bien sûr de bâtir des villes.

S'il est vrai que dans la steppe, les villes sont rares, il existe de petits centres près de sources ou de grandes tombes à tumulus ou de ressources en bois. Le nomadisme complet est surtout le fait des habitants du cœur de la steppe ; en revanche sitôt qu'on va vers les bords de ce territoire, on rencontre des communautés de bergers qui vivent dans des villages durant l'hiver et vont sur les pâturages en été.

En bordure de la steppe, on trouve des villes bâties en pierres -- près des montagnes -- ou en brique crue. Khaalgany est l'une d'elle. Avec ses ziggourats et ses grandes portes, elle était autrefois une cité-état d'une culture antique, et avec les autres cités de la côtes du Kaan, elle fut l'une des premières victimes des conquêtes de Tamerakh.

Bien que de culture nomade, Tamerakh s'adaptait vite et il concentra les trésors de ses conquêtes dans sa capitale, à l'est, près des montagne. D'après les légendes, il s'agissait d'une cité fastueuse, magnifique, extraordinaire. Plus personne n'est en mesure d'en témoigner : la ville est désormais une ruine hantée et maudite dont on ne revient pas.

Khaalgany l'actuelle capitale du Kaan a certes une saveur impériale décadente, mais elle est bel et bien une ville de briques. Cependant, certains pourraient aussi dire qu'elle n'est une capitale que par le titre, car les hordes se forment toujours dans la steppe, quand un chef se distingue et paraît auréolé de la bénédiction de Tamerakh. Beaucoup de hordes de l'histoire furent éphémères et ne dépassèrent pas les frontières du Kaan, s'effondrant sous le coup de luttes internes. Les notables de Khaalgany comptent sur elles pour maintenir leur pouvoir, mais gare à eux s'ils ne savent pas reconnaître leur nouveau maître à temps !




La Horde avant la bataille, par Gawain


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