Ni mort, ni vivant, ni mort-vivant

mardi, décembre 18, 2018 Iris d'Automne 1 Comments

La nature des goules est étrange, tant ces êtres paraissent être à mi-chemin entre vie et mort-vivance, alors même que celle-ci est déjà un état intermédiaire entre vie et mort ! Goule, blême, nécaire et peut-être d’autres monstres voraces encore partagent le même amour des ténèbres et la même faim carnivore démente. 

Des cannibales dégénérés 


Dans les régions nordiques, les tribus évoquent la manière dont des malheureux auraient perdu la raison durant la saison hivernale. La faim les tenaillait tant qu’ils commencèrent à se nourrir de cadavres. Il s’agissait d’une nécessité vitale, mais certains se mirent à développer des symptômes inquiétants. Leur peau devenait terne et grisâtre, leurs mains devenaient crispées et leurs ongles plus durs et tranchants, tandis qu’ils perdaient toute pilosité et qu’ils étaient pris parfois de crises de tremblements irrépressibles. Ils avaient de plus en plus de difficultés à maîtriser leurs émotions, en particulier leur agressivité. En fin de compte, les malades devenaient des goules ou des blêmes, avec toutes les caractéristiques de ces monstres, à la différence qu’ils sont insensibles au renvoi des morts-vivants car, en dépit de leur apparence, ils n’en sont pas – pas encore. Lorsqu’une goule vivante succombe, elle se relève dans les heures qui suivent, cette fois en tant que véritable mort-vivant. Il faut donc « tuer » ces monstres deux fois, ou détruire leur corps pour éviter qu’ils reviennent. 

Des alliés des torves 


Les tribus de torves dans l’Inframonde comptent parfois dans leurs rangs des goules vivantes. Il peut s’agir d’humains dégénérés de la surface et accueillis dans les souterrains, ou bien de malades torves ayant changé de nature. Les chamanes et sorciers torves savent se faire comprendre, et même – dans une certaine mesure – obéir des goules. À leurs yeux, les goules sont des élus, des êtres qui ont été touchés par la grâce de la voracité, un concept quasi-divin qui représente l’instinct de survie, la capacité à lutter contre l’adversité, et à surmonter l’extinction à n’importe quel prix. De la même manière qu’il peut exister des bandes de torves accompagnées de goules, il est possible de rencontrer d’autres familles dégénérées dont un ou plusieurs membres sont devenus des monstres, mais continuent d’être attachés à leur groupe. 

Les causes de la maladie 


Les érudits sont partagés sur la cause de l’apparition des goules. Ils travaillent essentiellement à partir de récits de seconde main et, au mieux, de cadavres de ces monstres. Sont évoqués aussi bien la thèse du parasitisme que celle de la malédiction, ainsi que celle d’une contamination alimentaire par le Chancre. Pourquoi alors une telle importance des cas de cannibalisme dans les apparitions de goules ? Les débats dans les académies sont souvent hermétiques, très difficiles à suivre pour les non-initiés qui sont saisis de violents maux de têtes en prenant connaissances des raisonnements. 

Parasitisme. Selon cette thèse, le parasite de la goule aurait une existence marquée par deux cycles. Dans la première partie, le parasite se trouve dans le corps sous forme inoffensive pour l’hôte, et serait largement répandu. Pour passer au second stade, il faudrait que la victime consomme une seconde souche en sommeil, par exemple par le biais du cannibalisme. La synergie entre les deux groupes parasites aboutirait à la transformation en goule. 

Malédiction. En enfreignant le tabou du cannibalisme, les sujets s’exposeraient à une malédiction divine infligée par divinité qui n’est pas clairement identifiée. S’agirait-il de Givreuse si souvent associée aux tourments de l’hiver ? La malédiction pourrait aussi être démoniaque ou diabolique, et résulter dès lors simplement de la malveillance de sorciers infligeant ce sort terrible aux membres de tribus ennemies. 

Chancre. Pour les tenants de cette thèse, il y a deux grandes explications. Dans la première, on estime que des particules chancreuses pourraient se trouver un peu partout, issues de la décomposition des ravageurs du Chancre. Ces restes auraient un effet toxique par accumulation, et dès lors les histoires de cannibalisme seraient simplement des explications faciles, découlant du comportement sauvage et carnassier des goules. La seconde explication s’appuie sur la nature vorace du Chancre, cherchant à dévorer – cannibaliser – le monde. Dès lors il y aurait un lien se créant entre toute forme de cannibalisme et le Chancre. Ce lien mystique aboutirait à la transformation en goule. 

 Pour en savoir plus sur le Chancre et ses manifestations


Pour en savoir plus sur le Septentrion




Un blême par Gawain


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1 commentaire:

  1. Noël et dans 4 jours et on ne sait pas comment sa se passe sur Eana ni la tête du père ou de la mère Noël !
    Halte aux monstres ! On veut du mignon !

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