Les lignées d'ensorceleurs

vendredi, septembre 23, 2016 Iris d'Automne 0 Comments

Vous vous rappelez sans doute de la noble et altière drakéide illustrée par Chane. Dans les îles tropicales des royaumes draconiques, les membres de cette race manifestent régulièrement des aptitudes leur permettant de devenir ensorceleur.

Sur Eana, les ensorceleurs de la lignée des dragons sont les plus connus. Les réactions des populations et des autorités à leur égard dépendent beaucoup de la civilisation et de la race de l'individu. Autant un ensorceleur drakéide en Rachamangekr sera honoré, autant un demi-orc ensorceleur dans ce même royaume risque d'être pourchassé. Pourquoi cette différence ? L'idéologie justifiant la domination de la société par la noblesse drakéide implique que ce seul peuple est héritier des grands dragons, la race supérieure par excellence ; à leurs yeux les pouvoirs d'ensorceleur de la lignée du dragon confirment et prouvent le lien fort entre les élus des dragons et les ceux-ci.

Drakéides (ensorceleurs ou non) et ensorceleurs de la lignée du dragon (drakéides ou non) ont en commun une aptitude à pouvoir activer certains artefacts ou mécanismes, liés à la civilisation des Voyageurs, tels les célèbres portails Ateaks, ou à certains sanctuaires. Cette donnée amène certains penseurs à considérer les ensorceleurs comme membres d'une sorte d'aristocratie draconique, aux côtés des drakéides : les ensorceleurs d'autres races ont simplement été élus plus récemment, mais méritent le même respect.

Sur le continent du Cyfandir ces débats sur la noblesse et les égards dus aux ensorceleurs n'ont pas vraiment lieu. Leurs pouvoirs sont vus simplement comme une sensibilité innée et exacerbée aux courants de la magie. Le lien avec les dragons, et notamment les transformations parfois impressionnantes d'ensorceleurs arborant des ailes de dragons, sont interprétées comme un écho du lien étroit entre dragons et magie, sur un plan énergétique, sans lien avec une quelconque notion de bien, mal, élite... Les érudits développant ces théories -- plus complexes à suivre souvent que celles d'un héritage ou d'une élection sacrée -- mettent en avant la corruption des dragons chromatiques. Ces êtres maléfiques, parfois déments, ne peuvent pas être pris pour modèles. Un dernier argument à cette thèse est l'existence d'une seconde lignée d'ensorceleurs.

Outre la lignée draconique liée à la forme de magie arcanique la plus commune, il existe une "magie psychique". Les ensorceleurs qui manifestent ces étranges pouvoirs, parfois aux limites de la folie, auraient subi, souvent malgré eux, parfois inconsciemment, l'influence d'émanations provenant de l'inframonde, et plus particulièrement aberrations tels les aboleths. Leur esprit est marqué, ils sont irrémédiablement liés à une autre réalité, incertaine et inquiétante. Terrifiés par leurs premières expériences et visions, certains renoncent à utiliser leurs pouvoirs, mais d'autres sont fascinés et prêts à s'investir dans une quête de la compréhension de l'indicible. Les réponses à leurs questions paraissent liés aux profondeurs souterraines qui les attirent, les échos des roches leur murmurant les promesses de découvertes inouïes. Parfois les peuples de l'inframonde montrent la même déférence à leur égard que d'autres devant les ensorceleurs de la lignée du dragon, de quoi nourrir des rêves de gloire et de toute puissance dans de ténébreux royaumes ?

Don ou malédiction, parfois un peu des deux, les pouvoirs de l'ensorceleur sont toujours un appel à l'aventure.





Un ensorceleur drakéide de Rachamangekr

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